NEAR DARK
Etats-Unis - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Kathryn Bigelow
Musique : Tangerine Dream
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS HD Master Audio 2.0 anglais et français
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 25 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Dans une petite bourgade de l’Oklahoma, un soir, Caled fait la rencontre d’une étrange fille, Mae, qui va bouleverser son existence. En effet, Mae est vampire. Caleb se retrouve alors parmi une redoutable « meute » de tueurs-vampires qui ne sévissent que la nuit car ils craignent les mortels rayons du soleil.
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les enfants de la nuit

Aujourd'hui largement plébiscité autant par la critique que le public, la Kathryn Bigelow de Point Break, Démineurs ou Zero Dark Thirty, n'a pourtant pas fait grand bruit lorsqu'elle a présenté sa seconde réalisation, Aux Frontière de l'aube, modernisation stylisée du mythe vampirique. Mais comme le bon vin, les années sont passées par là...

Pas si étonnant que cela cependant que les spectateurs de l'époque ce soient désintéressés de ce curieux petit film indépendant, tourné en quelques semaines pour 5 millions de dollars, qui a eu le malheur de se retrouver en concurrence avec le divertissement popcorn et bien plus luxueux de Joel Schumacher : Génération Perdue. De toute façon, Near Dark tranche clairement dans les évocations de suceurs de sang qui parsèment le cinéma américain de cette décennie typée, préférant essentiellement se tourner vers le divertissement popcorn de comédie hommage dont clairement le génial Vampire vous avez dit vampire ? est le représentant le plus fréquentable. En l'occurrence, le film ne devait absolument pas se rattacher à cet univers fantastique et est née de la collaboration entre Bigelow et le coscénariste Eric Red (Hitcher) de l'envie de donner corps à un western pur et dur, répondant au choc cinéphilique que connue la réalisatrice devant La Horde sauvage de Sam Peckinpah. Un projet abandonné, mais transformé, qui va dériver vers ce road movie contemporain au carrefour des genres, véritable western dans ses enjeux frontaux (le bien contre le mal, l'horizon infini où s'ébattent les personnages, l'illusion de la frontière) mais vertueux objet des années 80 dans son esthétique bleutée, ses jeux de lumières, ses effets vaporeux et sa bande son signée Tangerin Dream.

 

affamés


Là où d'autres se sont retrouvés prisonniers des tics 80's et leurs effets clipesques, Bigelow elle réussit à les magnifier, à leur offrir une aura insaisissable, crépusculaire, que l'on ne retrouve finalement que chez Michael Mann ou chez James Cameron. Les ponts entre celui qui rédigera le script de son futur Strange Days et le cinéma de Bigelow sont d'ailleurs particulièrement notables ici puisque outre une confrontation entre l'un des vampires et un camion qui rappelle fortement Terminator, Near Dark affiche ni plus ni moins qu'un trio d'âmes damnés directement hérité d'Aliens : Lance Henriksen, Bill Paxton et Jenette Goldstein. Même si Adrian Pasdar (future antihéros de Profit et Heroes) et Jenny Wright sont charmant en couple romantique et affamé, ce sont ces trois là les véritables stars du film, imposant des personnages d'outlaws, de renégats, de laissés-pour-compte au charisme impressionnant. Ils sont tout aussi séduisants dans leurs excès de prédateurs que dans leur solitude d'êtres hors normes, reflets de parts d'ombres oubliés du mythe américain. Des vampires débarrassés de tout accessoire gothique, mues et détruits par leur obsession (comme c'est souvent le cas chez Bigelow), qui semblent bien plus naturels dans le paysage urbanisé de l'ouest sauvage que le plan final presque fordien du gentil cowboy et de sa belle. Bigelow leur offre d'ailleurs deux sublimes séquences digne du maitre Peckinpah : une lente prédation sexualisée dans un bar paumé et un assaut digne de Rio Bravo où les balles des services de l'ordre en embuscade ne blessent les vampires qu'en faisant indirectement percer des rayons de lumière dans les murs du motel. Bigelow a toujours été fascinée par ces microcosme de marginaux, plus à même sous sa caméra à définir la civilisation que les entoure.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Studio Canal n'a pas vraiment mis la main à la pate pour cette première édition HD de Near Dark sur le marché français Reprenant directement la remasterisation de Lionsgate datant de 2009, l'éditeur a sans doute fait de sacrées économies, mais tout autant une belle erreur stratégique tant le résultat est des plus décevants. Pas de restauration à la source ici, les arrangements ayant été tous effectués à l'aide d'outils numériques, et pas toujours pour le meilleur. L'ensemble des plans semblent souvient bien flou, en tout cas peu défini, à la profondeur écrasée, avec une alternance entre des halos de lumières mal gérés et des noirs qui paquettent. Cela reste naturellement bien au dessus du triste DVD que les fans avaient fini par se procurer, mais bien en dessous des capacités du support. Et curieusement, c'est l'unique copie que se partagent les éditeurs à travers le monde.

 


Son :
Interprété comme un mauvais film de série B, le doublage français est clairement à oublier, tout comme le mixage modernisant en 5.1 pas toujours très harmonieux et de toute façon guère convaincant sur les ajouts arrières. Reste la stéréo d'origine, musclée et dynamique, d'autant plus fluide que le DTS HD Master Audio de circonstance lui assure une clarté inédite.

 


Interactivité :
Belle amélioration par rapport à la sortie DVD, qui date désormais, puisque Near Dark nous parvient enfin avec des suppléments. Merci à Jean-Baptiste Thoret de l'avoir inclu dans sa jolie collection digipack Make My Day ! , et de livrer tout naturellement une introduction pertinente et enthousiaste du métrage. Le supplément central reste le documentaire Living in Darkness produit il y a plus de dix ans par Blue Underground et proposé dons dans une SD qui tache un peu. Petit désagrément qui ne gâche en rien des interviews précises de la réalisatrice, son cast et son producteur (entre autres), révélant autant un tournage commando digne de la légende Bigelow, et de nombreux secrets à peine esquissés à l'écran sur les origines des personnages, qui éclairent le film d'une manière inédite. Autre item récupéré dans les archives, la rencontre entre Kathryn Bigelow et un journaliste de l'émission Rapido (avec Antoine De Caunes qui parle vite) est forcément une exclusivité hexagonale. Toute jeune, encore un peu déstabilisée par la caméra, mais affirmée dans ses propos, elle revient énormément sur ses années pré-cinéma et tisse quelques liens avec le précédent The Loveless.

Liste des bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (7'), Interview inédite de Kathryn Bigelow pour l'émission Rapido (25'), Documentaire « Living in Darkness » réalisé par David Gregory (47'), Bande-annonce originale.

 
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