TRANSFORMERS 2 LA REVANCHE
Transformers 2 Revenge of the Fallen - Etats-Unis - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Transformers 2 La Revanche »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Michael Bay
Musique : Steve Jablonsky
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 151 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 1 décembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Transformers 2 La Revanche »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons, a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place.
Partagez sur :
Rien ne se perd, tout se Transformers

Cinéaste de la démesure, Michael Bay revient faire joujou avec ses robots pour le plaisir des fans de la licence Hasbro et aussi remettre de l'huile sur le feu face aux détracteurs de son cinéma. Mais comme il s'en fout, il continue à détruire tout ce qui bouge à l'écran de manière outrancière et se lâche encore plus dans ce volet que dans le précédent.

Lors de la Conférence de Presse à Paris pour Transformers 2 début Juin, quand un journaliste demanda au comédien Shia LaBeouf ce qu'il pensait du contexte politique du film, ce dernier lui répondit en rigolant, « Ce ne sont que des jouets ! », relativisant ainsi à juste titre sur ce que certains voudraient lire là où rien n'est écrit. C'est avec cette réponse pourtant évidente qu'on comprend davantage le pourquoi du comment de la filmographie de Michael Bay. Parce que si le cinéma n'est aussi pour lui qu'un jouet, la licence Transformers était sûrement le meilleur prétexte qu'il ait pu trouver pour l'assumer encore plus clairement. Alors que le premier volet était souvent illisible dans des scènes de combats qui auraient provoqué une crise d'épilepsie à un strobocospe et que le film était dominé par des placements publicitaires à rendre jaloux n'importe quelle voiture de F1, le réalisateur est maintenant plus à l'aise dans son rapport avec les robots. La fluidité s'en ressent. Le père Bay se serait-il calmé ? Pas du tout, au contraire même, parce qu'en signant ici un film moins enfantin que le précédent, le résultat est pourtant bien plus immature. Cinéaste Superbowl par excellence, Bay prouve qu'il n'a d'égal à sa gourmandise que sa générosité. Cause à effet, certaines longueurs se font ressentir sur le film qui dure quand même plus de 2H30 mais s'il nous en fout plein les mirettes, c'est aussi que chaque dollar est visible à l'écran. Des 14 robots présents dans le premier, on passe ici à 46.

 

Rien ne se crée, tout se bousille...

 

Dans Transformers 2, on ne détruit plus, beaucoup plus. Et si la destruction n'est pas gratuite, ce n'est pas pour autant qu'elle amène à la reconstruction. Simplement, elle représente la rupture avec le poids des œuvres du passé, comme l'envie de se délester d'un fardeau archaïque. C'est pourquoi la majeure partie des endroits que Bay se plaît à bousiller par robots interposés est symbolique : monuments historiques, musées et bibliothèques. Pourtant, vers la fin, il s'attardera sur le passage de flambeau entre deux robots de générations différentes. C'est là tout le paradoxe de ce cinéaste qui représente à lui-seul tout un pan de l'Amérique, celle qu'on déteste ou qu'on adule, perdue entre son conservatisme et ses excentricités. Tout est donc en opposition et même la bande originale n'échappe pas à la confrontation puisqu'elle fait collaborer le compositeur classique Steve Jablonsky au groupe rock Linkin Park. Alors que beaucoup de ses collègues metteurs en scène se revendiquent du cinéma européen parce que ça fait toujours plus classe, lui ne fait qu'une référence explicite à un film et il est américain : Règlements de Comptes à OK Corral, dont parle le personnage de John Turturro lors d'un assaut de robots. Aussi, quand Bay envoie les parents Witwicky à Paris, c'est pour les voir manger des escargots, les recracher et trouver ça dégueulasse. Tout ça avant que des Decepticons s'amusent à quelque peu érafler notre capitale, prouvant juste avant G.I Joe que les blockbusters ricains de cet été prennent un malin plaisir à en mettre plein la gueule à l'Hexagone, qui l'a longtemps cherché.

 

"I dis it myyyyyy way"

 

Si tout ça n'a pas pour but d'être subversif, chaque scène nous en apprend néanmoins beaucoup plus sur la nature du personnage Bay. Ainsi, quand il envoie Sam en faculté au début du film, s'il s'amuse avec les codes du teen-movie le temps de quelques scènes, c'est aussi pour d'autres raisons. La première, c'est pour placer un poster de Bad Boys 2, son film le plus décrié, dans la chambre d'un des personnages, s'autocitant évidemment pour définir lui-même à quoi ressemble son public (ce même public qui se retrouvera dans les blagues potaches pas toujours de très bon goût). La seconde, c'est que lors d'un de ses premiers cours en Fac, pris d'un flash de connaissances soudaines, Sam ridiculise son professeur par son savoir au point de se faire évincer de la salle de cours par ce dernier. L'occasion une fois de plus de définir le rapport houleux que le réalisateur entretient avec la notion de supérieur. Dans son domaine, Bay ne cherche pas de modèle et n'a pas de maître. Le maître, il l'emmerde et on le comprend. On imagine donc que c'est aussi ce qui l'a intéressé dès le départ en traitant de l'univers de ces robots. Parce que s'il existe un robot apprivoisé représentant l'assouvissement de la machine face à l'homme, c'est aussi ce même être humain qui se retrouve impuissant face à d'autres machines beaucoup plus fortes que lui (Le Devastator ayant quand même plus de classe et de pouvoir que toutes les Smart de la planète réunies en un même corps). Enfin, hormis les robots, le duo de comédiens qui porte le film s'en tire également très bien. Shia Labeouf, toujours juste, continue à prouver qu'il est vraiment la valeur sûre dans le domaine des films estivaux à grand spectacle en jouant le quidam au mauvais endroit au mauvais moment, et Megan Fox qu'elle est définitivement devenue un fantasme dans l'imaginaire collectif sous ses allures de poster central pour routier texan. Le boeuf et la renarde, comme les auraient appelés La Fontaine, servent donc complètement la cause de leur réalisateur et se donnent à fond pour que l'action ne retombe pas un instant, comme des soldats sur le parcours du combattant. De toute façon, on les reverra bientôt tous pour le troisième volet parce que maintenant que Bay a une franchise à lui pour s'amuser comme un bambin, il n'est pas prêt de fermer sa gueule. Et finalement, ce n'est pas si mal. Pour votre don inné à renier l'introspectif, à jouir du régressif et livrer des films qui seront lus dans des décennies comme le portrait d'une certaine Amérique, élève Michael, vous écopez d'un « Bay + ».
Christophe Trent Berthemin

AUTRE AVIS :

Un sommet de vulgarité et de bêtise, doté d'une mise en scène alliant l'abstraction la plus pure à une arrogance rhédibitoire. De loin le plus film de Michael Bay, et le blockbuster le plus insultant depuis Independence Day.

Alexandre PONCET 0/6

 













Partagez sur :
 

Image :
Quelque soit la qualité du film (le débat est loin d'être terminé), le Blu-Ray de Transformers 2 est l'un des plus attendus depuis la sortie... du premier Transformers. Une excellence technique qui avait matraqué les rétines. On serait presque déçu de ne pas être surpris, mais il faut se rendre à l'évidence, le résultat est tout bonnement incroyable. Les couleurs sont d'une vigueur imposante, les contrastes marqués au fer et le piqué ahurissant. Une vraie richesse visuelle qui donne un coup de fouet à tout écran HD et donne ses lettres de noblesse au support. Si seulement tous les films (et surtout certains bien meilleurs que l'étron de Michael Bay) pouvaient profiter du même soin.

 

Son :
Attention, prévenez les voisins, ça va faire très très mal ! Nivellement par le haut avec cette fois-ci un DTS-HD Master Audio 5.1 anglais qui explose tout sur son passage. Les enceintes vont finir le film exténuées, tant le moindre impact se réverbère dans tout le Home Cinema avec une générosité rarement égalée, et finalement une certaine élégance pour restituer certaines ambiances sonores. Ca vrombit, ça pétarade, ça tremble...De l'énorme entertainement ! A côté, la pauvre piste Dolby Digital 5.1 française fait doucement rigoler. Mignon quoi.

 

Interactivité :
C'est compliqué de parler des bonus de Transformers.... Tout simplement parce que d'un côté l'éditeur à mis à notre disposition des heures de documents visuels, retraçant avec une certaine efficacité l'avancée façon rouleau-compresseur d'un blockbuster monstrueux. Fun, complets à défaut d'être toujours pertinents, les segments (dont le bon gros making of de plus deux heures) donnent la parole à toute l'équipe, regorgent d'images de tournage ou reviennent même sur un petit historique de la licence. Cool non ? Sauf que pour profiter de tout ça, il faut souffrir devant une tripotée de propos à la limite du gerbant. Entre les producteurs ou scénaristes qui ne cachent pas leur vision misogyne, une quinzaine de minutes ultra promo pour l'armée américaine et un déballage de fric à tout les étages... il faut se faire violence. Un combat perdu d'avance puisque dès que Michael Bay apparaît à l'image, le cerveau demande immédiatement de se déconnecter. Puant, méprisant... il crache sur ses collègues (Terminator 4), gerbe sur la presse (ne comprenant pas pourquoi ils sont si méchants alors que son film a gagné des tonnes de thunes), glorifie le nationalisme et compare sans vergogne sa franchise à la saga Star Wars. Le monsieur n'ayant aucunement honte de sa vulgarité, on se permettra donc d'y verser nous aussi : « Michael Bay... ferme ta gueule s'il te plaît ! »


Liste des bonus : Commentaire audio de Michael Bay, Roberto Orci et Alex Kurtzman, Le Facteur Humain : Une revanche acharnée (134'), Un jour avec Bay à Tokyo (13'), 25 ans de Transformers (10'), Nest La Base de données Transformers, L'Univers de Bay sous toutes les coutures (23'), Quel foutu film ! (24'), 3 scènes coupées / alternatives (6'), L'expérience du Allspark, galeries d'images, Vidéo clip de Likin Park (5'), bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023