US
Etats-Unis, Japon - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Us »
Genre : Horreur
Réalisateur : Jordan Peele
Musique : Michael Abels
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital Plus 7.1 français espagnol, italien…
Sous-titre : Français, arabe, espagnol, danois…
Durée : 116 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 24 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
De retour dans sa maison d’enfance, à Santa Cruz sur la côte Californienne, Adelaïde Wilson a décidé de passer des vacances de rêves avec son mari Gabe et leurs deux enfants. Un traumatisme aussi mystérieux qu’irrésolu refait surface suite à une série d’étranges coïncidences qui déclenchent la paranoïa de cette mère de famille de plus en plus persuadée qu’un terrible malheur va s’abattre sur ceux qu’elle aime… Les Wilson vont devoir affronter le plus terrifiant et i...
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Unchained

Encensé dès son premier long métrage pour son approche novatrice et politique, Jordan Peele risquait gros avec sa seconde réalisation que certains voyaient déjà comme un simple décalque d'une méthode malhonnête. Plus fermement engagé, plus subtilement orchestré, Us vient clairement confirmer l'ascension d'un auteur pertinent.

Et pour l'instant assez unique dans l'histoire du cinéma d'horreur américain, genre essentiellement préoccupée par des considérations propres à la culture blanche. Les noirs y sont soit réduits aux postures de ressorts comiques, de stéréotypes à quota ou de caricatures de la banlieue. Et si Get Out prenait déjà le risque de se confronter directement à la question raciale, sur le ton de la satire, dans Us, Jordan Peele franchit le pas en proposant directement dans les rôles centraux une famille afro-américaine sans que ce soit l'accroche primordiale du métrage. Il y a des allusions au statut de parvenus blacks (la référence à O.J. Simpson entre autres), mais les Wilson sont mis sur mis sur un pied d'égalité avec leurs amis blancs, petits bourges célébrant la matérialité et une certaine posture dans l'économie du pays. Le Us ou U.S. résonne alors autant au pronom Nous qui renvoi au portrait d'une famille pétrie de peurs plus ou moins légitimes (de l'autre, de l'échec, de la fin du monde...) qu'à l'acronyme qui évoque un pays à la fracture sociale qui tend vers le gouffre infranchissable. Du film d'horreur intimiste à l'introduction d'une apocalypse sociétale, le film de Jordan Peele alterne les perspectives souvent avec brio, parfois avec les mêmes lourdeurs que dans Get Out, et en particulier par ce besoin de cumuler dans ses derniers élans un twist prévisible (et terriblement inutile) et de lourdes explications (là aussi inutile) évidée face caméra.

 

the rest of


Des maladresses qui égratignent quelques peu à la maitrise pourtant évidente du métrage, autant dans cette appropriation politique de l'horreur à la George A. Romero (Peele cite constamment La Nuit des morts-vivants) que dans une gestion du suspens et de l'espace nourrie de sa fascination pour l'œuvre d'Alfred Hitchcock. Pas étonnant dès lors qu'Us ressemble très souvent à s'y méprendre à un M. Night Shyamalan de la grande époque, en particulier lorsque la caméra se confronte directement aux codes du genre : un home-invasion, un massacre en quelques seconde d'une famille vu au travers d'une baie vitrée... Peele impose plus encore que dans son premier film une réalisation pointue, tranchante, où vient constamment se refléter la question du double, de l'autre soi, du doppelganger maléfique (ou qui ici « aurait pu être ») aux airs totalement pervers. Un dispositif qui n'aurait jamais pu être réussi sans une maitrise impressionnante de nombreux trucages complémentaires (montage, trompe-l'œil, collage, images de synthèses...) et un quatuor d'acteurs tout simplement formidable, mené par une Lupita Nyong'o (Black Panther) forte, flippante et intense. La voir alterner entre la mère solide au bord de la chute et la prédatrice aux yeux brulants et à la voix gutturale installe véritablement une atmosphère dérangeante, malaisante. C'est l'une des cartes maitresses du cinéma de Jordan Peele.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Fidèle à sa source numérique, le transfert 1080p affiche des qualités poussant au maximum les capacités du support Bluray. Certes certains détails des plans nocturnes (les effets de lumière sur les visages par exemple) rappellent une capture initiale qui n'a malheureusement pas fait usage de pellicule, mais le rendu est extrêmement précis, autant dans les détails en gros plans que dans la profondeur de champs, et surtout intensément stable. Les contrastes sont remarquables, la gestion des lumières, centrale dans de nombreuses séquences, est parfaite, et bien entendu le piqué est toujours à la hauteur.

 


Son :
Dès l'orage estival qui gronde à l'horizon, le spectateur sait que la piste originale Dolby Atmos va être d'une saisissante intensité. Les ambiances sont constamment amples, puissantes, mais toute aussi minutieuses en jouant sur quelques petits détails sonores crispants (les giclées de sang, invisibles à l'écran ou presque) qui habitent l'espace et viennent volontairement compenser un plan fixe ou un hors champs. Un travail de haute qualité dont on retrouve de jolies traces dans le joli Dolby Digital Plus 7.1 français qui ne s'en sort pas si mal finalement.

 


Interactivité :
Dans le même ton que le Bluray de Get Out, la section bonus repose sur la méthode habituelle d'Universal pour les films récents, affichant donc une série de featurettes thématiques pas bien longues et restant donc relativement superficielles. Dommage, il y avait sans doute beaucoup à dire et à creuser, surtout que cette fois-ci Jordan Peele n'a même pas daigné enregistrer un commentaire audio. Quelques scènes coupées pas franchement indispensables (même si un joli moment père fille aurait pu être gardé dans le montage final), de rares images de tournage... Seuls les trois focales sur les scènes pivots du film (Seven Second Massacre, It's a Trap et I Just Want My Little Girl Back) approchent un peu les vraies questions techniques et esthétiques. C'est peu.

Liste des bonus : Les monstres ancrés en nous, Reliés ensemble : le double nous, La redéfinition d'un genre : l'horreur selon Jordan Peele, La dualité du nous, Devenir red, Scènes coupées, Nous allons tous mourir, En haut comme en bas : Grand pas de deux, Scènes décortiquées, Bande annonce.

 
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