GODZILLA : ROI DES MONSTRES
Godzilla : King of the Monsters - Etats-Unis, Japon, Canada - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Michael Dougherty
Musique : Bear McCreary
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Digital Plus 7.1 Anglais, Dolby Atmos True HD 5.1 français, Dolby Digital 5.1 français, anglais, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 132 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 2 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
L’agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater. Alors qu’elles cherchent toutes à dominer la planète, l’avenir même de l’humanité est en jeu…
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Royal Rumble

Suite de l'essai encourageant de Gareth Edward mais surtout chapitre pivot de ce Monsterverse voulu par Legendary Pictures préparant fébrilement son Godzilla Vs Kong, Godzilla Roi des monstres répond à son frère Kong : Skull Island par un assaut généralisé des meilleurs kaiju de la Toho. Et ça fait beaucoup.

S'il était très loin du chef d'œuvre avéré, plombé par un scénario raz des pâquerettes, le Godzilla de 2014 signé Gareth Edwards, avait cependant pour lui d'écraser sous le talon l'hérésie de Rolland Emmerich et d'offrir à l'icône du cinéma japonais un travail sur les échelles et sur les cadres, donnant une véritable intensité aux scènes les plus spectaculaires tout en rendant hommage au sous-estimé Inoshiro Honda. Une approche laissant généralement les monstres dans un arrière-plan écrasant, perçu par les personnages et les spectateurs comme des masses trop imposantes pour être appréhendées. Ce qui n'a pas forcément été aux goûts de tout le public hurlant son besoin de destruction plein cadre, de déflagrations bien posées et de dollars jetés sur l'écran. D'où le parfaitement crétin Kong: Skull Island. D'où certainement une prise de distance avec les épisodes les plus sérieux de la franchise (35 films au Japon) pour un rapprochement pas franchement discret avec les chapitres les plus décomplexés et kitchs lâchant d'un même mouvement quasiment tout le cheptel sur de pauvres humains gesticulants. Si on échappe ici à l'invasion des soucoupes aliens (quoi que...) et au fiston tout mignon de Godzilla, cette plongée gargantuesque dans le too much offre autant quelques frissons de plaisirs qu'un véritable aveu de fin de règne accéléré où l'on peine à imaginer ce que ce versant US pourra offrir de plus par la suite.

 

game of thrones


Car ce n'est pas uniquement le Godzilla ricain nouvelle génération qui fait trembler le sol, mais aussi ses compagnons de catch pyrotechnique que sont Mothra (la mite géante), Ghidorah (le dragon à trois têtes) ou Rodan (le ptérodactyle) pour les plus célèbres, tous légèrement normalisés par la machine hollywoodienne. Une sacrée affiche qui, grâce à un budget luxueux, des images de synthèses léchées et une photographie minutieuse de Lawrence Sher (Joker), en met clairement plein la gueule, s'étripant sur terre, dans les airs ou sous les mers, détruisant littéralement toute la civilisation humaine au passage. Déjà pas forcément aidé par leur taille, les personnages humains ne le sont pas non plus par un scénario terriblement paresseux qui ne sait clairement pas quoi faire d'eux. Trimbalés sur la mappemonde aux grès des réveils successifs des bestioles et des explosions, tentant vainement d'intéresser à un drame familial qui se noie sous les clichés, Godzilla Roi des montres est malheureusement constamment plombé par une trame ridicule et parfois même embarrassante (les éco terroristes comme méchants en 2019 est-ce bien raisonnable ?) qu'impose un casting désemparé sous la forme de longs tunnels dialogués, d'intermèdes interminables au sérieux décontenançant face à l'improbabilité constante de leur survie aux pires catastrophes. Autrefois scénariste doué de X-Men 2 et Superman Returns, et réalisateur inspiré du petit bijou Trick'r Treat et du sympathique Krampus, Michael Dougherty se plie docilement, mais efficacement, au cahier des charges comme un obscure yes-man d'une production Marvel, auquel son film ressemble d'ailleurs très souvent.

Emballé comme un produit gonflé à block, mais un produit tout de même, le film offre certes quelques visions purement dantesques, mais se dégonfle comme une baudruche en faisant de Godzilla le meilleur ami de l'homme et le défenseur des enfants. Au Japon, en 2016, Hideaki Anno a libéré un ambitieux, révolutionnaire et expérimental Shin Godzilla, lui, toujours inédit en France.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Donner corps à un blockbuster sur un disque Bluray n'est pas toujours aussi évident qu'on pourrait le penser. En particulier lorsqu'il s'agit d'un métrage comme ce second Godzilla dont la matière alterne constamment entre une source traditionnelle (acteurs et décors live donc) et un torrent d'images de synthèse et de séquences composites à base d'écrans verts. Une cohabitation qui ici entraine parfois de petits moments de fatigue avec des cadres légèrement plus doux voir l'apparition de quelques secondes de grain numérique. Rien de vraiment choquant ni d'étonnant, et heureusement cela n'entame en rien la solidité de l'ensemble, que ce soit dans le piqué général, très creusé, et surtout une gestion admirable des couleurs et des contrastes.

 


Son :
Pour mettre en valeur ses combats titanesques et cette déflagration de destructions massives il fallait bien des mix Dolby Atmos pour en rendre à la fois toute la puissance, mais aussi le fourmillement de détails qui viennent nourrir un soupçon de crédibilité. Même si elles ont leurs petites variations les versions anglaise et française déploient une même générosité, ample et puissamment dynamique, tout en usant d'une fluidité rare pour offrir des sensations d'immersion régulièrement très impressionnantes.

 


Interactivité :
Comme pour beaucoup de blockbusters, le Bluray favorise clairement le nombre par rapport à la masse. Ici c'est une nouvelle pluie de petits segments, parfois réunis autour d'un thème dédié, qui constituent l'essentiel des suppléments. Et pas forcément des featurettes bien passionnante lorsqu'elles célèbrent la petite Millie (ce qu'elle est cool et mignonne roooh), fait la promo des précédents Godzilla et King Kong, ou dévie vers une réflexion des plus bateau sur la figure du monstre. Il faut donc picorer pour réussi à trouver des infos sur les origines cinématographiques de ces créatures, les évolutions du design ou pour dégotter quelques images du tournage. Le plus simple étant alors certainement de revoir le film avec le commentaire audio informatif concocté par le réalisateur Michael Dougherty, son producteur et l'acteur O'Shea Jackson, Jr. (y avait que lui de libre ?) où là sont véritablement évoquées les questions techniques, les ambiances de tournages, les aléas de la production et les hommages aux films de la Toho.

Liste des bonus : Commentaire audio de Michael Dougherty, Zach Shields et O'Shea Jackson Jr., Initiation aux monstres (5′), L'évolution des titans (27′), Monarch en action (32′), Millie Bobby Brown : une force de la nature (4′), Technologie monstrueuse : Monarch se joint au combat (8′), Les monstres existent (14′), Bienvenue dans le Monsterverse (3′), Scènes coupées (5′)

 
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