JUDO
Throw down / Yau doh lung fu bong - Chine - 2004
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Judo »
Genre : Thriller, Drame
Réalisateur : Johnnie To
Musique : Peter Kam
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 27 janvier 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Judo »
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LE PITCH
Autrefois champion mythique de judo, Sze-To a depuis longtemps abandonné le monde du sport de manière inexplicable. Criblé de dettes, il s’est désormais bâti une triste réputation d’alcoolique sans aucun avenir. Les seuls à croire encore en lui sont Tony, passionné de judo et bien décidé à affronter l’ex-champion et Mona, apprentie chanteuse qui rêve de percer… Sze-To retrouve alors l’envie de se battre. Mais c’est en donnant un nouveau sens à sa vie qu’il acceptera...
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Fais moi mal, Johnnie

Après une présentation VOD à durée limitée sur la plateforme de Carlotta, le Judo (aka Throw Down) de Johnnie To revient avec sa magnifique copie 4K pour une édition Bluray, tout aussi limitée (1000ex). Petit film d'un grand cinéaste, il date de cette époque bénie où les cinéphiles d'Occident se rassasiaient jusqu'à plus soif de découverte souvent hors-norme d'Extrême-Orient.

Période incroyable pour nos mirettes ravies qui se faisaient bombarder par le cinéma hard-boiled de Hong-Kong avec un trio magique ayant pour chefs de file John Woo, Tsui Hark et Johnnie To. Si les deux premiers ont tenté l'aventure hollywoodienne avec des succès divers, le troisième préférera s'enraciner dans son Hong-Kong natal pour mieux en explorer ses différentes facettes. Si ses polars n'ont aucune difficulté à s'exporter, elles ne représentent que la partie immergée de la filmographie de ces icônes pré-citées. Le public chinois est particulièrement friand de bonnes grosses comédies qui ne dépassent que rarement leurs frontières. Aux cinéastes d'alterner les projets. En cela, Johnnie To est celui qui a le plus souvent alterné les genres sans jamais vraiment renier son style urbain. Judo qu'il réalise en 2004 pourrait représenter le trait d'union entre ses thèmes. Pas vraiment une comédie telle qu'on pourrait l'imaginer ni vraiment un polar tel qu'on le voudrait, ce film prend pied directement dans les fantasmes de son metteur en scène.

 

La caméra comme un stylo


Ultra référencé, le style de Johnnie To n'en finit pas de digérer ses maîtres. Si Leone en est le plus flagrant dans sa gestion de l'espace et de son sens du cadrage (jetez un coup d'œil si ce n'est déjà fait sur son Exilé, chef d'œuvre graphique et jouissif !), Judo revendique Kurosawa à qui le film est dédié et plus particulièrement à sa Légende du grand Judo, premier film du maître japonais. L'histoire est prétexte pour nous raconter le parcours de trois jeunes paumés. Ceux-ci découvrent malgré eux qu'il y a bien plus de facilité à s'en sortir en s'unissant qu'en faisant cavalier seul. Sujet dont Kurosawa en aimait explorer tout l'humanisme avec le talent qu'on lui connait. Une pointe de comédie, un zeste de romantisme effleuré, une touche de combat filmé à grand renfort de ralentis, To moins passionné qu'à l'accoutumé s'amuse à chorégraphier les corps en mouvement comme autant d'objets fantasmatiques. Un exercice de style pas vain qui se justifie par son sujet. Attendant la scène finale librement inspirée de cele de Kurosawa, il ne se renie pas pour autant. Cinéaste plus visuel que verbal, il continue l'exploration de son métier par ses tiques qui en font sa marque de fabrique. Filmer l'action par l'immobilisme de ses acteurs et par un sens du montage savant, dynamiter ses décors par son sens du cadrage. La touch-To fait toujours merveille.

Judo se présentera comme une parenthèse dans la carrière d'un cinéaste qui aime se faire plaisir tout en revendiquant son amour pour le cinéma du grand Akira. Le tout dernier plan de son film est évocateur. Un soleil rouge en toile de fond, un carton hommage lui dédie son film. Une façon pour lui de payer sa dette au metteur en scène et au cinéma en provenance du pays du soleil levant.

Cédric Lemaire






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Image :
Richement restauré il y a deux ans à partir d'un nouveau scan 4K du négatif original, Judo nous apparaît désormais sous la forme d'une copie resplendissante. Les cadres sont bien entendu immaculés, mais on est surtout frappés par la profondeur de champs des plans (très importante dans la mise en scène) et la tenue éclatante des couleurs. La photographie très contrastée trouve enfin un écran à sa hauteur et seule finalement les petites faiblesses de la captation d'origine avec un grain de pellicule parfois un peu plus prononcé dans la pénombre et étrangement quelques plans plus doux dans leur définition.

 


Son :
Loin d'être artificiels ou juste fonctionnels les DTS HD Master Audio 5.1 se révèlent particulièrement agréable et dynamique dans leur rendu. Les atmosphères sont bien présentes, mais pas envahissantes, et l'énergie des combats (gros effets sur les coups secs) tout autant que celle des échanges sonores, sont parfaitement soulignés par une fluidité alerte.

 


Interactivité :
Le disque comporte deux suppléments datant manifestement de la première sortie du film en vidéo. En l'occurrence un B-Roll plutôt agréable sur les coulisses du tournage et l'entraînement des acteurs aux prises de judo, et une longue interview du réalisateur. S'il faut parfois ne pas trop grincer devant la fausse modestie et la suffisance du bonhomme (difficile de comprendre comment ses acteurs peuvent rempiler avec certaines de ses déclarations...), reste que l'échange a le mérite de ne jamais faire de la promo. Johnnie To y raconte sa découverte tardive du cinéma de Kurosowa et la compréhension de son rythme, explore la construction de certaines de ses séquences et son rapport aux nouveaux spectateurs de l'an 2000.

Liste des bonus : Entretien avec Johnnie To (40'), Making of (11'), Bande-annonce.

 
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