LA GRANDE HORLOGE
The Big Clock - Etats-Unis - 1948
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Genre : Policier
Réalisateur : John Farrow
Musique : Victor Young
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Grande Horloge »
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LE PITCH
Le meilleur reporter d’un magazine dédié aux crimes est chargé d’enquêter sur un meurtre dont les indices l’indiquent comme suspect numéro un.
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le maître du temps

Quel rapport entre Charles Laughton, Yves Montand et Kevin Costner ? Vous séchez ? Tous les trois ont joué dans une adaptation d'un roman noir de Kenneth Fearing. Non, pardon, dans l'adaptation du même roman noir de Kenneth Fearing : The Big Clock. Un coup de maître sorti en 1946 et dont Hollywood perçu très rapidement le potentiel narratif. A tel point qu'il fut adapté pour la première fois à peine deux ans plus tard dans ce qui reste comme un des meilleurs films noirs de l'époque et qu'Elephant films nous propose de (re)découvrir aujourd'hui dans une très belle version restaurée.

George Stroud (Ray Milland, parfait en homme seul contre tous), reporter à Crimes Magazine, tente d'échapper aux regards scrutateurs de gardiens. Il se cache au sein d'une grande horloge et nous invite, en voix off, à dénouer avec lui l'écheveau du temps qui l'a amené ici. Le flash back remonte donc à la veille, nous présente son jeune fils et sa femme, malheureuse de n'avoir jamais son mari pour elle, reporter émérite passant tout son temps dans ses enquêtes criminelles et à l'affût du moindre scoop. Il nous présente ensuite son entreprise, un journal situé dans un building ultra moderne, rythmé aux sons du tic tac d'une grande horloge centrale. Un building dont chaque étage est dédié à une publication différente et appartenant toutes au même homme : Earl Janoth (l'immense Charles Laughton, plus shakespearien que jamais), magnat de la presse à la poigne de fer, semblant contrôler le temps lui même (lors de sa première apparition, il donne le nombre de pulsations cardiaques d'un être humain dans sa vie) mais qui va se rendre coupable d'un meurtre. Celui de sa maîtresse, qu'il va assassiner à l'aide d'un cadran solaire. Stroud, qui semble être le seul à lui tenir tête, va par pure coincidence se retrouver mêler au meurtre et être chargé par son patron lui-même de retrouver le coupable. Comme un innocent condamné à avouer un crime qu'il n'a pas commis. Au rythme des heures s'égrenant, plusieurs indices et témoins vont alors faire leur apparition. Tous resserrant invariablement et inévitablement l'étau sur Stroud.

 

ascenseur pour l'échafaud



Le scénario de The Big Clock est donc un modèle du genre. Un coup de génie au suspense redoutable et qui évite adroitement les poncifs du genre. Pas de détective ni d'inspecteur (le seul apparaissant à l'image sera d'ailleurs un faux), pas de femme fatale, pas de héros irréprochable. Le mariage de George Stroud part à vau-l'au, son obsession pour son métier le perd totalement, et c'est lors d'une soirée trop arrosée qu'il commet l'erreur qui va le désigner comme suspect N°1. Et un thème central, le temps. Qui revient comme une litanie.
Derrière la caméra, le méconnu John Farrow (père de Mia). Méconnu mais pas manchot. Qui va rythmer diablement bien l'image du drame qui se jouera sous nos yeux. Travelling vertical, plan séquence, vue subjective, utilisation sacrément astucieuse de la profondeur de champ (la scène de l'ascenseur qui s'arrête à chaque étage de l'empire Janoth)... La réalisation de The Big Clock version Farrow est à l'image de son scénario : du grand art ! Et malgré un code Hays qui, une fois de plus, empêche de révéler plein cadre certains éléments comme le meurtre lui-même ou le cadavre de sa victime. Heureusement, le film parviendra à s'en affranchir durant l'affrontement final entre Stroud et Janoth, offrant à ce dernier la fin qu'il mérite. Avec son héros hitchcockien, seul contre tous, son vilain haut en couleurs, ses thèmes brillamment entrelacés et sa réalisation moderne et rythmée, The Big Clock est donc une totale réussite qu'il faut absolument découvrir.

Laurent Valentin






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Image :
Une superbe restauration qui permet au film de proposer pour la première fois cette somme affolante de détails que Farrow met à l'écran (la profondeur de champ dans l'ascenseur, les objets hétéroclites du vieux barman, la scène du bar et sa foule très serrée...). Le noir et blanc est quant à lui magnifique, ne laissant que quelques légers bruits ici ou là.

 


Son :
Comme pour l'image, la restauration est impressionnante. Les voix sont claires et intelligibles et la musique, malgré une unique piste mono, contient l'énergie attendue.

 


Interactivité :
Eddy Moine revient sur le roman (qui fut traduit chez nous par Boris Vian) et les incroyables ambitions formelles de Farrow pour l'époque. Quant à Stéphane du Mesnildot, il revient lui sur les adaptations du roman qui suivirent : le Sens Unique de Roger Donaldson qui remplace la presse par le pentagone et le Police Python 357 d'Alain Corneau (adaptation officieuse puisque Corneau n'obtiendra jamais les droits du roman). Deux entretiens fourmillant d'anecdotes et qui participent, chacun à leur manière, à prolonger l'expérience autour du film. Une bande annonce d'époque, inhabituelle car présentée au micro par Ray Milland lui-même, clôt la section bonus.

Liste des bonus : Le film par Eddy Moine (12'31), Entretien avec Stéphane du Mesnildot (9'47), Bande annonce (2'17).

 
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