CRAZY AMY
Trainwreck - Etats-Unis - 2015
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Genre : Comédie
Réalisateur : Judd Apatow
Musique : Jon Brion
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 125 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 3 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Crazy Amy »
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LE PITCH
Journaliste à New York dans un magazine branché, Amy est une jeune célibataire épanouie qui aime faire la fête et qui ne compte plus ses conquêtes d'un soir. Jusqu'au jour où elle fait la rencontre du docteur Aaron Conners, …
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Amy à tout prix

La sexualité, la parentalité, la célébrité et la vie de couple. En quatre films seulement, Judd Apatow semblait avoir fait le tour de ses obsessions, se livrant aux spectateurs sans fausse pudeur. Adoptant pour la première fois un point de vue exclusivement féminin, le cinéaste fait un pas de côté, s'effaçant ainsi au profit d'Amy Schumer, nouvelle sensation du stand-up new-yorkais.

Oeuvre foncièrement bicéphale, Crazy Amy peut faire l'effet d'une douche froide. Sur le papier pourtant, Amy Schumer et Judd Apatow étaient faits pour s'entendre. Natifs l'un comme l'autre de la Grosse Pomme et élevés par des familles juives mais non-pratiquantes, les deux trublions ont fait de leurs vies intimes leur fond de commerce, nourissant un humour à la fois tendre et douloureux, sans filtres. Surtout, Schumer et Apatow partagent une vision très contemporaine de la sexualité, jouant des mots et des situations les plus extrêmes pour briser entre deux rires gras (mais toujours avec bienveillance) les tabous d'une société hypocrite où pornographie et fondamentalisme religieux se tirent la bourre au quotidien. Que l'on cause masturbation dans En cloque, mode d'emploi ou gang-bang dans Inside Amy Schumer, le résultat est le même et l'humour se veut fédérateur et décomplexé.
Alors qu'il s'était personnellement impliqué dans l'écriture de 40 ans, toujours puceau aux côtés de son ami Steve Carrell, Judd Apatow reste ici étrangement à l'écart de la création d'Amy Schumer et se « contente » de mettre en scène et de produire, comme s'il s'agissait d'une pure commande. Ou presque, puisque les scènes se déroulant dans les coulisses de l'équipe de basket-ball des New York Knicks lui ressemblent davantage et pourraient presque appartenir à un autre film. Drôle de rendez-vous manqué où le réalisateur et sa star semblent s'observer à distance, chacun refusant de quitter sa zone de comfort.

 

Mahattan Rhapsody


Très à l'aise dans le format court ou dans l'improvisation sur scène, Amy Schumer manque d'inspiration pour au long cours et ne parvient jamais à tenir les promesses d'une première partie très libre dans ses changements de ton. Sorti de la rupture sentimentale et sexuelle entre son héroïne et l'hilarant John Cena (contrairement à son compère Dwayne Johnson, le catcheur a un VRAI don pour la comédie), Crazy Amy s'enferme dans le schéma pépère et ultra-prévisible d'une rom-com tendance Bridget Jones pour ne jamais en sortir. Et les rires de se faire alors de plus en plus rares, à l'exception d'une pique bien sentie à l'égard de Woody Allen où, face au Brooklyn Bridge dans un cadrage reprenant la scène la plus emblématique de Manhattan, Amy taille une pipe à son amoureux et précise malicieusement en voix-off qu'elle a choisi cet endroit car c'est là que Woody a rencontré Soon-Yi (!).
Le savoir-faire d'Apatow parvient plus ou moins à combler les lacunes d'un script en manque de carburant. Outre une mise en image qui sait mettre New York en valeur, le réalisateur soigne sa direction d'acteur et ses seconds rôles. La réussite d'une comédie romantique se mesurant souvent à l'entourage (forcément) haut en couleurs de l'héroïne, on se réjouira tout de même d'avoir eu droit au minimum syndical. En patronne cynique et insensible, Tilda Swinton se livre à un numéro de cabotinage sophistiqué dont elle seule a le secret tandis qu'en stagiaire dont la timidité cache habilement des tendances SM, Ezra Miller nous offre une franche partie de rigolade lors d'ébats à haut risque.

Seule la scène des funérailles du père d'Amy, d'une justesse sidérante, laisse entrevoir le potentiel d'un film qui aurait necessité davantage d'implication et de collaboration entre Judd Apatow et Amy Schumer. Sans être antipathique, le résultat ne pète donc pas plus haut que la plus basique des interjections : bof.

Alan Wilson






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Image :
Le point fort de cette nouvelle édition. La restitution de la photographie gorgée de couleurs chaudes de Jody Lee Lipes est irréprochable, avec une définition séduisante et un grain argentique délicat. Mention spéciale aux virées nocturnes et arrosées d'Amy Schumer avec une compression qui négocie sans le moindre accroc plan sous-exposés et contrastes marqués.

 



Son :
Deux mixages propres et élégants maisaussi parfois un peu faiblards comme peuvent en témoigner des scènes où la musique ne chatouille même pas le caisson de basse.

Liste des bonus : aucun.

 
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