LE PIRATE DES CARAïBES
Swashbuckler - Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Pirate des caraïbes »
Genre : Aventure
Réalisateur : James Goldstone
Musique : John Addison
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 6 janvier 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Pirate des caraïbes »
portoflio
LE PITCH
Mer des Caraïbes, 18ème siècle. Le pirate Red Ned Lynch et Jane Barnet, une fougueuse jeune femme issue de la noblesse, unissent leur force pour libérer la Jamaïque du joug de l'infâme Lord Durant …
Partagez sur :
Captain Shaw

Conséquence inattendue du triomphe rencontrée par Les Dents de la mer, Universal tente dès l'année suivante de ressusciter le film de pirates avec un gros budget mettant en vedette Robert Shaw, le capitaine Quint en personne. Echec sans appel lors de sa sortie, Swashbuckler n'en demeure pas moins une authentique curiosité où se distingue un casting hétéroclite embarqué dans une aventure paillarde et bondissante.

Le rôle du capitaine Red Ned Lynch, Robert Shaw ne pouvait y échapper. Héros de la série 50's The Buccaneers (diffusée sur ITV, en Grand Bretagne) et incarnation mémorable de l'intrépide Dan Tempest, l'acteur et dramaturge anglais, mort à 51 ans d'une crise cardiaque, aura donc forgé une large partie de sa notoriété en incarnant de flamboyants loups de mer. Ce qui nous amène tout naturellement à un autre capitaine, plus moderne et à l'embarcation plus modeste (« We're gonna need a bigger boat ! ») mais au caractère bien trempé, j'ai nommé Bart Quint, chasseur de requins et capitaine de l'Orca. De tous les personnages mis en scène par Steven Spielberg dans son inusable chef d'oeuvre, Quint est assurément le plus fascinant. Co-écrit par ses soins, avec l'aide de John Milius et de Carl Gottlieb, le fameux monologue de l'USS Indianapolis, récit fascinant et macabre du naufrage du croiseur lourd de la Navy ayant livré en juillet 1945 la bombe nucléaire qui servira au bombardement d'Hiroshima, remporte tous les suffrages et s'inscrit dans la légende. Fabuleuse démonstration de force en termes de mise en scène, d'écriture et d'interprétations, cette scène assurera une part non négligeable de la postérité des Dents de la mer, faisant jeu égal avec les attaques meurtrières du carcharodon carcarias. Et lorsque l'on prend en compte le fait que le dernier tiers du film se déroule en haute mer, il n'en faudra pas plus à la Universal pour se dire que le public est fin prêt pour une nouvelle aventure maritime avec Robert Shaw. D'où Swashbuckler, un temps titré The Blarney Cock (!) du nom du navire du héros, mené par le trio de producteurs Elliott Kastner (Quand les aigles attaquent), Jennings Lang (les premiers longs de Clint Eastwood réalisateur) et William S. Gilmore (Soldat Bleu). Seul impératif du studio : relocaliser la quasi totalité de l'action sur la terre ferme, seule solution pour maîtriser les coûts d'un genre connu pour ses débordements budgétaires.

 

Marin d'eau douce


Un peu tombé en désuétude dans les années 50 en raison de ses impératifs de production (tourner en mer coûte la peau des fesses) et de la difficulté à produire des intrigues variées (les codes sont rigides), le film de pirates reste dominé par le chef d'oeuvre terminal de Michael Curtiz, L'Aigle des mers, où un Errol Flynn au sommet de son charisme mène les abordages au son des compositions rutilantes de Erich Wolfgang Korngold. De fait, le refus de Swashbuckler de s'éloigner trop loin des côtes en offre une étonnante variation, couplée aux libertés de ton typiques des 70's. Venu du petit écran où il se fit remarquer en signant « Where No Man Has Gone Before », épisode culte de la série originale Star Trek, James Goldstone soigne un spectacle généreusement cadré dans un scope ensoleillé et parvient à contourner le manque d'escapades maritimes en plaçant une spectaculaire canonade en ouverture et une baignade de Genevieve Bujold dans le plus simple appareil à mi-parcours. Des moments forcément mémorables et qui donnent l'illusion au spectateur d'avoir assisté à un vrai film de pirates quand bien même les caméras ne quittent jamais le port de Kingston et ses alentours. Et il faut bien avouer que le rythme soutenu des nombreuses scènes d'action et le caractère braillard de personnages haut en couleurs ne laisse que peu de temps pour la réflexion. Attaque d'un convoi, poursuite en chariot, bagarre dans une taverne/bordel, duels à l'épée et grosse explosion finale sont au menu d'un métrage chaleureux et paillard où les pirates se lancent des concours de rimes coquines (« There once was a maiden named Starkey who had an affair with a darkey. The result of her sins was quadruplets, not twins: One white, one black, and two khaki. », on vous laissera le soin de traduire), boivent, dépensent sans compter leur butin en galante compagnie et apparaissent aux yeux du peuple comme des révolutionnaires.

Nul film de pirates ne serait être considéré comme tel sans un méchant digne de ce nom et Peter Boyle a tout à fait la gueule de l'emploi. Fielleux, haineux, pervers, diabolique et sadique, Lord Durant compile toutes les tares d'un salopard de compétition. Il aime les exécutions publiques et le cumul des mandats (quitte à emprisonner ses concurrents et à leur voler tous leurs biens), les longs bains et les séances de manucure entourés de ses innombrables laquais et d'une Anjelica Huston laconique et muette, les leçons d'escrime où il en profite pour mutiler ses esclaves (parmi lesquels un certain Henry Kingi, « El Scorpio » de Predator 2!) et la torture que pratique son homme de main, un éphèbe qui aime revêtir des griffes d'acier tranchantes. Outre Robert Shaw (qui porte très bien le rouge), Lord Durant trouvera sur son chemin une Geneviève Bujold intrépide, un James Earl Jones (presque) svelte et fidèle en amitié, un Geoffrey Holder (inoubliable Baron Samedi de Live and Let Die) spécialiste du lancer de couteaux et même un Sid Haig déjà bien cabotin.

Seulement desservi par un score qui a une fâcheuse tendance à surligner l'humour au marqueur et une intrigue trop convenue, Swashbuckler mérite amplement d'être réhabilité séance tenante. Et si vous ne nous croyez pas, demandez l'avis de Renny Harlin, de Martin Campbell et de Gore Verbinski : ils ne se seront pas privés de « rendre hommage » au film de James Goldstone en y trouvant de quoi nourrir les meilleurs moments de L'île aux pirates, du Masque de Zorro et de Pirates des Caraïbes. Comme dirait les bigoudènes les plus célèbres de la publicité de fin de repas : pirates !

Alan Wilson








Partagez sur :
 

Image :
Uniquement disponible jusqu'alors dans des blu-rays en imports allemand et UK de correcte facture, Swashbuckler fait son entrée sur le marché hexagonal dans une copie resplendissante aux couleurs éclatantes. Un peu de grain et une poignée de scènes à la définition en retrait ne saurait entamer un bilan technique on ne peut plus réjouissant. Le genre de master à vous filer des coups de soleil !

 


Son :
Une stéréo conventionnelle mais qui sait se montrer démonstrative lorsque l'action l'exige avec de puissants coups de canon et des envolées musicales dignes d'un grand spectacle à l'ancienne. Très belle version française et à peine moins énergique que la piste originale.

 


Interactivité :
Rien et c'est bien dommage puisque le DVD sorti aux USA aux aurores du format contenait une featurette plutôt informative et bien menées.

Liste des bonus : Aucun

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022