LE MASQUE DU DéMON
La maschera del demonio - Italie - 1960
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Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Robert Nicolosi
Image : 1.66 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 24 mars 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Au 17ème siècle, la sorcière Asa et son amant Igor, accusés de vampirisme, sont mis au supplice mais promettent une vengeance éternelle à leurs tortionnaires. Deux siècles plus tard, la malédiction se réalise : les vampires reviennent à la vie et recommencent à semer la terreur et la mort…
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La plus éclatante des malédictions

Longtemps resté comme technicien de l'ombre et sauveur de productions chaotiques, Mario Bava passe enfin à la réalisation totale avec Le Masque du démon. Un simple film d'horreur censé être le pendant italien des succès de la Hammer Films, qui devient un coup de maître réinventant, déjà, le gothique italien, offrant un sacré coup de fouet à l'industrie bis locale et annonçant une œuvre à venir absolument passionnante.

Mario Bava est loin d'être un inconnu lorsqu'il réalise donc ce Masque du démon, premier film crédité à son nom. Chef opérateur de génie, plébiscité pour ses effets spéciaux visuels, engagé autant par les producteurs aussi bien italiens qu'internationaux, il vient d'enchaîner une longue série de projets dont il a été obligé de reprendre les rênes lorsque le cinéastes claquait la porte en cours de route. Les Vampires, Le Danger vient de l'espace, Hercule et la reine de Lydie, Caltiki et La Bataille de Marathon, tous portent de manière plus ou moins significative sa patte visuelle, son approche du fantastique et surtout on survécu jusqu'aux salles de cinéma grace à son professionnalisme. Pour la Galatea, cette nouvelle production est comme un remerciement pour service rendu. Pour Mario Bava c'est l'occasion enfin de s'affirmer et de déployer tous ses talents. Envisagé comme un pendant transalpin du fameux Cauchemar de Dracula de Terence Fisher, ce film d'horreur gothique va plutôt chercher ses références du coté des contes fantastiques de Gogol (Vij tout particulièrement) avec une mythologie vampirique beaucoup plus glissante, inquiétante et charnelle. Optant, surtout pour des questions de budgets, pour le noir et blanc plutôt que la resplendissante couleur graphique de l'école anglaise, le film renoue autant avec l'élégance picturale des classiques de la Universal qu'avec les atmosphères angoissantes et oniriques de l'expressionnisme allemand.

 

La beauté fatale de la morte-vivante


Dans les errances du Masque du démon, sa vision de la femme double, de créatures oubliés dans un caveau familial, dans son ralentis en apesanteur et son exploration maniériste de décors outrageusement gothique, Le Masque du démon serait presque le croisement entre le Nosferatu de Murnau et La Belle et la bête de Cocteau. Plus que jamais la poésie se conjugue avec les terreurs primales et le sens du macabre du cinéaste explose à chaque plan, transformant l'étrange Barbara Steele en véritable égérie du cinéma gothique, beauté morbide et troublante, qu'elle soit la gentille châtelaine promenant la nuit ses gigantesques chiens dans les ruines avoisinantes, ou la terrible sorcière incestueuse revenue d'entre les morts. Dans ce monde aristocratique trouble, Mario Bava impressionne constamment par la richesse de sa mise en scène, la multitude de techniques et trouvailles brillantes à base d'éclairages et trucages caméra pour donner corps à ses visions les plus fantasmagoriques ou les plus horribles. Si Le Masque du démon est plastiquement d'une impressionnante beauté, il doit tout autant sont énorme succès et impact à des jaillissements sadiques et en tout cas des plus frappants pour l'époque : un visage de cadavre qui se « remplit » face caméra, une cage-thoracique à nue, un châtelain brûlé vif... Et bien entendu cette ouverture traumatique entrée désormais dans la légende dans laquelle la sorcière et son frère / amant sont suppliciés sur le bûcher, marqués au fer rouge et achevés par les pointes meurtrières du masque du démon fichés à coup de masse ! Définitivement culte.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Disponibles depuis un petit moment déjà aux USA et en Angleterre, les masters haute définition du Masque du démon arrivent enfin en France grâce à Sidonis. Une restauration qui date peut-être un peu désormais avec une source numérique loin d'un nouveau scan à la source et quelques restes de griffures, petits points et autres légères instabilités sur les bords, mais qui reste tout de même tout à fait effective. Entre le montage américain et italien du film, on notera quelques contrastes plus poussés sur le premier, mais dans l'ensemble le noir et blanc est tout aussi admirable pour les deux, les reflets argentiques tout aussi marqués et la définition, parfois un peu malmenée, tout aussi appréciable. A noter que pour le montage intégral du film (italien donc) on remarque des cartons titres et une courte séquence totalement inédite (même en France) manifestement issue d'une source DVD upscalée.

 


Son :

Le montage américain du film est disponible uniquement en version originale sous-titré français, alors que le montage complet est lui proposé en italien et en français (avec le segment inédit en vost). A chacun de faire son choix, car les trois pistes en DTS HD Master Audio mono, apportent un confort équivalent avec des dialogues assez clairs, des ambiances un peu chiches et quelques essoufflements des années mais qui ne gâchent jamais la redécouverte.

 


Interactivité :
Sidonis Calysta expose enfin son édition du Masque du démon : un superbe Mediabook comportant un livret signé Marc Toullec piqué dans la reliure et pas moins de trois disques : le Bluray et les deux DVD nécessaires pour soutenir tous les bonus disposés. C'est que la première excellente surprise ici est la possibilité de voir les deux montages connus du film : la version tronquée et remixée, mais lucrative du marché américain et l'européenne intégrale avec en prime, pour les français, une petite scène de dialogue inédite. Des variations loin d'être anodines que vient commenter et expliciter Bruno Terrier propriétaire du fameux Metaluna Store, caverne préférée des bisseux parisiens. Et il n'est pas le seul intervenant ici puisque Olivier Père se fend d'une présentation très complète du film et de son auteur Mario Bava avant de laisser la place à Christophe Gans. Un cinéaste décidément bien trop rare et qui se fend une nouvelle fois d'une analyse complète, brillante et passionnante du film, venant rehausser encore notre amour du film en présence et appuyer l'identité d'auteur du cinéaste. Un excellent programme complété par une interview d'archive de la grande Barbara Seele racontant sa collaboration avec Mario Bava et sa fascination générale pour le cinéma gothique italien.

Liste des bonus : Un livret rédigé par Marc Toullec (48 pages), Les deux montages du film (87' et 83'), Présentation du film par Olivier Père (29'), Le Film vu par Christophe Gans (40'), Les Différentes versions du film par Bruno Terrier (13'), Interview de Barbara Steele (8'), Bandes-annonces.

 

 

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