PHOTOS INTERDITES D'UNE BOURGEOISE
Le foto proibite di una signora per bene - Italie - 1970
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : Luciano Ercoli
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 19 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Pierre, riche industriel, consacre la majeure partie de son temps à son travail, délaissant Minou, sa ravissante épouse. Un soir, se promenant sur le front de mer, Minou est abordée par un motard. Celui-ci la menace et la soumet à des jeux pervers. Avant de disparaître, l’inconnu lui signifie que Pierre est un assassin. La jeune femme tombe peu à peu sous l’emprise de cet homme, qui exerce sur elle un ignoble chantage.
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Des gens bien

Première réalisation et premier giallo pour le producteur Luciano Ercoli qui avec Photos interdites d'une bourgeoise réussit à sauver sa société et à rencontrer sa futur épouse, Susan Scott, d'un même mouvement. Joli coup double.

Malgré quelques coproductions françaises comme Fantômas ou Furia à Bahia pour OSS117 et de gros succès locaux comme les Ringo de Duccio Tessari, la société du bonhomme était effectivement mal en point en cette fin des 60's et nécessitait quelques entrées rapides de financement et un nouveau titre peu cher pour se remettre à flots. Rien de mieux dans ce cas là que de se tourner vers le cinéma de genre et en l'occurrence le thriller à l'italienne, sémillant giallo par encore traumatisé par un Oiseau au plumage de cristal qui sortira la même année. D'ailleurs le film n'affiche pas de tueur masqué ou ganté, de séquences de meurtres opératiques et de quelconques effusions voyeuristes, l'essai se rapprochant beaucoup plus ouvertement de ces giallos de première génération, polar à complots dont la victime, souvent jeune et belle, est instrumentalisée et manipulée pour de sombres histoires d'argents, d'héritage et de pouvoir façon Perversion Story de Lucio Fulci. Rédigé essentiellement par le célèbre et productif Ernesto Gastaldi (Le Corps et le fouet, Texas, Si douces si perverses...), le script pourrait être extrêmement classique dans sa mise en place d'un whodunit bien sadique où chacun semble vouloir jouer des tours à celle que tout le monde prénomme "minou", si justement il ne reposait pas sur un meurtre dont on est jamais sur qu'il ait vraiment eu lieu.

 

Sous tous rapports


Un Giallo sans meurtre, sans crime autre qu'un pervers jeu de maître chanteur qui oblige la charmante Dagmar Lassander (Une Hache pour la lune de miel) à se plier aux désirs de l'inquiétant Simon Andreu qui la force à coucher avec lui pour protéger son maris de preuves compromettantes contre lui, avant de la soumettre à nouveau la menaçant d'exposer à tous les photos de leurs ébats. A cette situation bien inconfortable s'ajoute  bien entendu le fait que personne ne la croit, amie, époux ou police, lorsqu'elle tente de s'extirper de ce traquenard. Plutôt prenant ou suffisamment accrocheur en tout cas, Photos interdites d'une bourgeoise dépeint surtout une nouvelle fois, derrière ses atmosphères feutrées, une classe sociale confortable, aisée, incarnée dans des espaces en écran large, mais où tout semble constamment pourris par le culte du billet vert et par une instrumentalisation du corps féminin. A ce titre le film de Luciano Ercoli déjoue quelques pièges installant une héroïne certes névrosée et frustrée, mais constamment titillée par une meilleure amie, exubérante et sculpturale Susan Scott (alias Neve Navarro alors déjà vue dans Colorado), femme frontalement libérée, multipliant les partenaires et avouant sans problème sa fascination pour la pornographie. Libertine donc suspecte, et pourtant elle vole aisément la vedette à ses autres partenaires, semblant bien souvent la seule à être capable de jouir de la vie. On comprend que le réalisateur soit alors tombé sous le charme, épousant l'actrice et faisant d'elle la muse de ses deux giallos suivants : Nuits d'amour et d'épouvante et La Mort caresse à minuit.

Des essais peut-être un cran en dessous, plus ouvertement "exploitation" et ne profitant pas des compositions lounge et obsédantes d'Ennio Morricone. Car par ses mélodies tout en suggestion, sensuelles, le maestro souligne la justesse des cadres et des compositions, la beauté de la photographie signée Alejandro Ulloa (Le Mercenaire, Le Témoin à abattre), déjà aux commandes sur l'extatique Perversion Story justement, la chaleur des regards et des corps des deux actrices principales, distillant une atmosphère mystérieuse, sous tension mais aussi particulièrement suave et troublante qui fait tout le charme de ces photos interdites.

Nathanaël Bouton-Drouard










 

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Image :
Tout simplement superbe. Déjà croisée par les voisins d'Arrow Video cette restauration impressionnante a été effectuée à partir d'un nouveau scan 2K du négatif Techniscope 35mm par les labos de L'Immagine Rtrovata de Bologne. Chaque photogramme a été soigneusement nettoyé, débarrassé de la moindre imperfection et impeccablement stabilisé. Un master d'une grande propreté qui préserve habilement les matières filmiques (grains, argentiques...) tout en révélant des couleurs pastelles et chaudes particulièrement réjouissantes. Et la définition, pointue, assure le tout.

 


Son :
Restaurée dans la même foulée, la version originale italienne se présente dans un mono bien rafraichi avec une clarté bien présente et un équilibre maitrisé avec les superbes compositions du maestro.

 


Interactivité :
Photos interdites d'une bourgeoise est présenté dans un digipack avec fourreau cartonné. A l'intérieur le disque Bluray se pare de deux suppléments des plus intéressants. En premier lieu une nouvelle présentation du film signé Jean-François Rauger de la Cinémathèque française où il s'efforce naturellement de présenter les carrières de chacun, l'aspect dernière chance d'une société de production au bord de la banque route, les contours giallos, mais aussi d'insister sur l'atmosphère très particulière du film en grande partie véhiculée par les musiques de Morricone. Le second module est un documentaire d'une quarantaine de minutes combinant les interviews de Luciano Ercoli, Susan Scott et Ernesto Gastaldi, où chacun revient d'abord sur ses débuts dans le cinéma, avant d'évoquer plus concrètement le film en question. La production, la photographie, l'atmosphère du plateau, les collègues acteurs et un tournage finalement entièrement circonscrit à Barcelone, donnent écho à quelques bons souvenirs.

Liste des bonus : « Ercoli interdit » par Jean-François Rauger (19'), « Photos de famille » avec Luciano Ercoli, Susan Scott et Ernesto Gastaldi (42'), Bande-annonce

 

 

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