AYA ET LA SORCIèRE
アーヤと魔女 - Japon - 2020
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Aya et la sorcière »
Genre : Animation, Conte
Réalisateur : Goro Miyazaki
Musique : Satoshi Takebe
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et Français en DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 83 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 22 juin 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Aya et la sorcière »
portoflio
LE PITCH
Aya a grandi dans un orphelinat douillet depuis qu’elle est bébé et ne sait pas que sa mère avait des pouvoirs magiques. Aimée et choyée, la fillette de 10 ans n’a jamais voulu quitter son cocon et son cher ami Custard. Espiègle, rusée, elle mène son petit monde par le bout du nez ! Lorsqu’un couple étrange vient l’adopter, Aya se rebelle et suit sa nouvelle famille à reculons… Mais que peuvent bien cacher ce mystérieux Mandrake et cette inquiétante Bella Yaga ? Au rythme...
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Mauvais sort

Dernière grande production Ghibli en date, Aya et la sorcière était particulièrement attendu au tournant, car il marquait un changement de taille pour le studio : un passage intégral et inédit aux images de synthèse. Une fracture avec la volonté traditionnelle d'Hayao Miyazaki, mais finalement à l'arrivée, le vrai problème n'est pas vraiment là.

Si les images de synthèse avaient peu à peu faire leur chemin au sein des superbes productions Ghibli, c'était surtout jusque-là utilisé comme un outil supplémentaire pour donner plus de fluidités à certaines matières ou gérer des éléments plus compliqués à intégrer. Mais réalisateur de la nouvelle génération, Goro Miyazaki n'a jamais caché son intérêt pour une expérimentation à plus grande échelle. Un peu oublié en France car uniquement diffusé en vidéo, la série TV Ronja fille de brigands, avait d'ailleurs permis aux équipes d'animateurs et aux studios invités de faire leurs premières armes sur un gallots d'essai plutôt sympathique. Lui aussi produit pour la télévision, sous l'égide de la NHK, Aya et la sorcière impose un sacré saut technique, affirmant une animation beaucoup plus fluide, des modélisations plus fines et surtout une esthétique générale qui tout en affichant les rondeurs et les volumes des CGI réussit à retrouver bien souvent la richesse des détails Ghibli. Les décors finement dessinés sont toujours aussi impressionnants, et les designs donnant du volume au style habituel du studios s'avèrent, une fois le petit choc initial passé, intelligemment négocié. Effectivement l'animation et les détails n'atteignent pas le niveau d'un Pixar (encore une fois, c'est un téléfilm), mais le film garde véritablement une touche dessinée et « manga » dans certaines expressions et attitudes.

 

Livre 1


Du vrai Ghibli, poétique, magique et enchanteur jusque dans le choix du récit, nouvelle adaptation d'un roman de Diana Wynne Jones (Le Château ambulant) s'intéressant aux mésaventures d'une jeune orpheline aventureuse, espiègle et particulièrement irrévérencieuse adoptée par une étrange et inquiétante sorcière. Habitant désormais une maison des plus étranges, faites de secrets, de passages escamotés et d'une salle de sortilège des plus cradingues, la gamine espère devenir à son tour une véritable sorcière et découvrir la vérité sur ses origines... et sa maman ancienne star d'un groupe de rock féminin et naturellement magique. Tout est là à porté de main finalement, mais malgré quelques séquences particulièrement amusantes (les gamins déguisés en fantômes au début, les duels verbaux avec Bella Yaga, les premières tentatives de potions...) le scénario du film est bizarrement et inutilement alambiqué malgré une construction en scénette qui manque de souffle. On retrouve là le Goro Miyazaki de Les Contes de Terremer, et dans une bien appliquant à la lettre les règles du paternel mais sans jamais en retrouver la légèreté, le naturel et la pureté. Une construction un peu fade, d'autant plus laborieuse qu'Aya et la sorcière s'achève de manière précipitée et avec une fin ouverte un peu facile qui laisse entendre que le métrage n'était qu'une introduction à une série à venir, laissant un arrière goût d'inachevé.  Le problème de l'avenir du studio Ghibli ne se joue pas sur des questions techniques (3D ou non), mais bien sur un souci d'incarnation et d'âme.

Nathanaël Bouton-Drouard










AYA ET LA SORCIERE (Aya To Majo / Earwig And The Witch)
© 2020 NHK, NEP, Studio Ghibli. Tous droits réservés

 

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Image :
Première exclusivité Ghibli pour Wild Side Video avec Aya et la sorcière qui bien entendu reste dans la très haute tenue de toute la collection en Bluray. Le traitement CGI n'a pas de grande incidence là-dessus et l'image est toujours aussi lumineuse, colorée, joliment contrastée avec un soin tout particulier sur la définition qui vient souligner des décors dans la grande tradition Ghibli. A noter que l'image semble bien plus riche et chaude que lors de sa diffusion sur Netflix.

 


Son :
On retrouve la même vivacité du coté des pistes sonores DTS HD Master Audio 5.1 avec au passage un doublage français assez soigné. Les atmosphères musicales sont mises en avant (ce qui est logique) mais cela n'empiète jamais sur la fermeté des dialogues et sur les atmosphères décalées et magiques qui habitent le film.

 


Interactivité :
Il faut certainement dépasser le petit habillage habituel un peu étriqué des suppléments japonais, toujours un poil rigides et trop polis, pour profiter pleinement des deux suppléments disposés ici. Le premier est un making of qui se concentre surtout sur les interviews de Goro Miyazaki et du producteur Toshio Suzuki qui reviennent sur la découverte du roman original, le petit coup de pouce de papa Miyazaki et le regard inédit porté sur les enfants d'aujourd'hui, sur l'écriture et la tonalité du film. Très intéressant à l'arrivé et parfaitement complété par la visite «virtuelle» de l'exposition dédiée au film au fameux musée Ghibli. L'occasion de découvrir les nombreuses pièces, croquis et sculptures présentées, mais aussi d'apprécier le didactisme avec lequel la présentation a été pensée. Un ton que l'on retrouve directement dans la structure du reportage qui renvoit constamment à de très complètes explications techniques, vidéos d'évolutions graphiques et interviews de graphistes et animateurs qui discutent les nombreuses différences entre l'animation traditionnelle et la 3D. Complet et très accessibles.

Liste des bonus: « La Création d'Aya et la sorcière » : making of (29'), Exposition « Aya et la sorcière » au musée Ghibli (37'), Bande-annonce (VF).

 

 

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