LA MORT MARCHE EN TALONS HAUTS
La morte cammina con i tacchi alti - Italie, Espagne - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Mort marche en talons hauts »
Genre : Thriller
Réalisateur : Luciano Ercoli
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 2.35 16/9
Son : Italien PCM 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 20 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Après avoir dérobé des diamants, un homme se fait assassiner dans le train. N’ayant pas trouvé ce qu’il cherchait, le meurtrier va s’en prendre à sa fille, Nicole, strip-teaseuse à Paris. Il s’introduit chez elle et la menace, ne laissant voir que ses yeux d’un bleu étrange. Terrorisée, la jeune femme se réfugie chez son amant Michel. Mais elle découvre chez celui-ci des lentilles de contact bleues.
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Giallo in the UK

En seulement trois films, Luciano Ercoli aura su imposer sa patte dans l'univers du Giallo en combinant avec plaisir comédie et thriller. Encore et toujours avec l'omniprésence de sa femme et muse Susan Scott au casting, La Mort marche en talons hauts est un giallo de bonne facture, rythmé et surprenant.

Jusqu'alors invisible en France, l'œuvre de Luciano Ercoli a eu droit à un joli coup de pouce des éditeurs en cette année 2022 avec la sortie de ses trois giallos, qui furent aussi ses trois premiers films : Photos interdites d'une bourgeoise (1970) chez Le chat qui fume, ainsi que chez Artus, La Mort caresse à minuit (1972) et donc La Mort marche en talons hauts (1971) qui suit entre Paris et la campagne anglaise, la persécution de la strip-teaseuse Nicole pour une sombre affaire de diamants. Sans être un maître du genre, Ercoli aura toutefois signé trois titres clairement au-dessus de la moyenne notamment grâce aux scénarios alambiqués du spécialiste Ernesto Gastaldi (L'étrange vice de Mme Wardh, La Queue du scorpion...). Présent sur les trois films il excelle encore ici avec un retournement de situation inattendu, et osé, à la moitié du récit, transformant le giallo typique et sensuel proposé jusqu'alors en une sorte de Cluedo, multipliant les nombreux coupables potentiels, le tout teinté d'humour « british ».
Une seconde partie plutôt réussie grâce à la présence de Carlo Gentili qui interprète un inspecteur britannique aussi comique qu'incompétent... puisque c'est un énième twist de Gastaldi qui viendra réparer l'erreur judiciaire qu'il allait commettre ! Parmi les protagonistes on retrouve d'autres transfuges des gialli de Ercoli comme Simon Andreu en suspect idéal porté sur la bouteille, l'inquiétant Luciano Rossi en majordome pervers ou encore Claudie Lange en femme jalouse... ressemblant à s'y méprendre à sa « remplaçante » jouée par Susan Scott !

 

les yeux de la peur


Autre élément incontournable de la qualité du triptyque giallesque de son mari, l'actrice espagnole, qui porta le nom de Nieves Navarro jusqu'en 1969, est de nouveau amoureusement filmée, notamment lors d'agréables scènes de strip-tease rappelant Barbara Bouchet dans Milan calibre 9, la virtuosité en moins. Séductrice et désinvolte, elle illumine le film et en est l'attraction principale.
Avec son tueur aux yeux bleus, des lentilles de contact, un cambrioleur aveugle ou encore un médecin oculiste bien campé par Frank Wolff (Salvatore Giuliano), Ercoli et Gastaldi nous interrogent aussi sur ce que nous voyons, ou croyons voir, via différents angles de vues (caméra, télescope, trou de serrure...) et gros plans sur les regards. Grâce à une bonne direction d'acteurs, une pointe d'ironie et un rythme qui retombe peu malgré la durée du film, La Mort marche en talons hauts (aussi connu sous le nom de Nuits d'amour et d'épouvante) s'avère donc un giallo plaisant, même si les amateurs pourraient regretter un érotisme soft ou encore des meurtres rares et peu sanguinolents.

Considéré comme « une réussite à (re)découvrir » par Frederic Pizzoferrato dans son Étude en jaune, le deuxième film de Luciano Ercoli enrichit donc la belle, et de plus en plus imposante, collection Giallo de Artus ! Espérons désormais que l'intérêt de éditeurs pour le réalisateur disparu en 2015 se porte désormais sur ces autres œuvres oubliées comme par exemple le bon polar La Police a les mains liées, sorti en 1975...

Samuel Bouvet






 

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Image :
Le Master proposé ici a été restauré en 2K à partir du négatif original. Le résultat est des plus convaincants, avec un cadre stable, de beaux contrastes, des couleurs vives et un grain bien géré, soulignant le travail du directeur de la photographie Fernando Arribas.

 


Son :
Bien que sorti en France en 1975, l'édition ne propose de VF. La version originale (sous-titrée ou non), est de bonne qualité mettant en lumière la belle composition de Stelvio Cipriani.

 


Interactivité :
Pour compléter cette belle édition, Artus nous propose une présentation du film par Emmanuel Le Gagne (Culturopoing), spécialiste Giallo de l ‘éditeur. Outre les informations habituelles sur les acteurs ou le réalisateur, il souligne les ressemblances entres les trois films de Ercoli (femme persécutée, tueur mystérieux...). Et rappelle également la proximité des giallos de Ercoli avec le thriller de machination à la Lenzi (Si douces si perverses, Orgasmo...).
Déjà utilisée chez Arrow en 2017, l'interview croisée de Susan Scott et Luciano Ercoli, réalisée en 2012, nous en apprend plus sur leurs parcours respectifs. Les deux soulignent le talent de Simon Andreu et s'étonnent qu'il n'ait pas eue une plus grande carrière. Ils rappellent aussi le climat « familial » de ces films qui réunissaient presque toujours la même équipe technique et les mêmes acteurs.
Enfin, l'intervention d'un Ernesto Gastaldi en très bonne forme s'avère très instructive, aussi bien sur les condition salariales des scénaristes de cinéma que sur son étrange façon d'écrire les gialli, puisqu'il commençait ses histoires sans en connaître la résolution, se laissant guider par ses personnages. Celui à qui « Il fallait un petit mois pour écrire ce genre de film.(...) » voulait être écrivain, « mais le seul moyen de gagner ma vie était d'écrire pour le cinéma. ». Enfin, il nous raconte que le producteur Alberto Pugliese n'a que peu apprécié le sort réservé à Susan Scott dans le film : « Mais comment peux-tu tuer mon actrice principale au milieu du film ! Ça ne se fait pas ! »

Liste des bonus : Présentation du film par Emmanuel Le Gagne (24'), Entretien avec Luiciano Ercoli et Susan Scott (23'), Entretien avec Ernesto Gastaldi (28'), Diaporama, Bandes-annonces.

 

 

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