LA NUIT éROTIQUE DES MORTS-VIVANTS
Le Notti erotiche dei morti viventi - Italie - 1980
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Genre : Horreur, Erotique
Réalisateur : Joe D’Amato
Musique : Marcello Giombini
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français et italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 30 juillet 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Nuit érotique des morts-vivants »
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LE PITCH
John Wilson, promoteur immobilier, se rend à Saint-Domingue, capitale de la République dominicaine, en vue de construire un hôtel sur l’Île du Chat. Sur place, il fait la connaissance de la belle Fiona qui accepte de l’accompagner. Le couple embarque sur le bateau du navigateur Larry O’Hara. Une fois sur place, le trio rencontre un vieil indigène et sa fille, lesquels mettent en garde les étrangers d’un grand danger - la présence de zombies sur l’île - et leur conseillent de re...
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Tourista

Si de nombreux amateurs de bis rivalisent de passion et de verbe pour s'efforcer de redorer le blason du très opportuniste et stakhanoviste Joe d'Amato, certains de ses films peuvent calmer efficacement les ardeurs. Vendu comme un croisement sulfureux entre film de cul et film gore, La Nuit érotique des morts-vivants provoque à peine une demi-molle.

Artisan des plus inégales mais penchant souvent dans la masse de productions (pas loin de 200 tout de même) du mauvais côté de la balance, Joe d'Amato aura certainement fait une bonne affaire en embarquant en 1980 tout une bande de camarades de jeu pour les plages paradisiaques de la République Dominicaines. Là ils vont enquiller entre quelques journées de bronzettes et les soirées aux nombreux Casino locaux, une bonne dizaine de réalisations peu couteuses et donc très très lucratives. Du cul, beaucoup, de l'horreur, un peu, avec quelques variations sur la jauge entre ces deux genres très à la mode dans le cinéma italien d'alors, promettant une large exploitation motivée par les pulsions les moins avouables de spectateurs voyeuristes, puis une longue vie dans les fonds de couloirs des vidéoclubs scabreux. Et forcément, tournés à la chaine avec plus ou moins de soin et d'attention, les œuvres ont rapidement tendance à se ressembler étrangement. Ce La Nuit érotique des morts-vivants s'avère en l'occurrence une simple prévision / variation de l'autre très zedeux Porno Holocaust où finalement les morts-vivants de l'un seront par la suite remplacés par le mutant radioactif de l'autre. Dans les deux cas surtout une promesse de mêler sexualité frontale et gores gerbos jamais véritablement tenue, puisque les films se contentent surtout de faire cohabiter vaguement les deux aspirations.

 

sea, sex and gore


La Nuit érotique des morts-vivants nous rejoue donc la trame bien basique de la virée en bateau touristique pour trois curieux totalement obsédés, question d'aller visiter une ile déserte censée devenir une future destination balnéaire. Mais les y attend une étrange prêtresse mystérieuse, la toujours très jolies Laura Gemser (alias Black Emanuelle) et une bonne poignée de morts-vivants affamés et défraichis (et pas très bien maquillés non plus). Le moustachu Mark Shannon y finira partiellement dévoré tandis que le géant George Eastman et sa partenaire nymphomane Dirce Funari totalement fou et enfermés dans un asile décrépis, mais il aura fallu bien passer le temps avant d'en arriver là. Car sur ses presque deux heures de déroulé à l'ambiance assez malsaine, le film se promène surtout pépères entre les cocotiers, sur les plages de sable fin et dans les chambres d'hôtel plutôt correctes afin de délivrer son lot de scènes de cul aussi mollassonnes que totalement gratuites. Eastman prend en charge les cabrioles softs tandis Shannon donne de sa personne pour celles totalement interdites au moins de 18 ans, mais aucune ne font relever le nez au spectateur. Si ce n'est peut-être cette performance impressionnante montrant une nouvelle façon de déboucher les bouteilles de champagne et qui devrait faire fureur lors du prochain nouvel an en famille.

Survendu comme il se doit avec une affiche et des photos d'exploitation bien chocs et affriolantes, La Nuit érotique des morts-vivants provoque presque autant d'excitation qu'une soirée diapo de tonton Gérard.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Remasterisé récemment, La Nuit érotique des morts-vivants se départie enfin de la plupart des gros boulets qu'il trainait depuis de longues années : photographie fadasse, cadres instables, grain neigeux, taches omniprésentes... Le travail de restauration n'est pas passé par un nouveau scan à la source, mais assure tout de même un nettoyage inédit et assez fouillé (même si une bonne poignée de scories persistent) et une homogénéisation certaine du film. On n'esquive pas quelques aplatissements des matières et des arrières plans par l'utilisation de filtres numériques, mais pour un métrage largement massacré par les années VHS, c'est franchement pas mal.

 


Son :
Les versions italienne et française sont proposées ici. La première reste très sobre, centrée et frontale avec un rendu assez confortable même si pas des plus dynamiques, tandis que le second, délicieusement excessif et nanardesque, ne concerne que le montage tronqué connu en France jusque-là et est donc traversé de séquences en VOST.

 


Interactivité :
Avec son visuel finalement plutôt soft et son digipack avec fourreau cartonné, Le Chat qui fume aurait presque pu nous faire croire que le film de Joe d'Amato était une grande œuvre tout en élégance. Presque puisque le supplément principal de l'édition est une longue interview de l'inénarrable Mark Shannon, grande star du porno italien et du cinéma dégénéré du copain d'Amato. Une interview carrière aussi détendue qu'éclairante sur les méthodes très artisanales et plutôt délurés de ces fameux tournages en République Dominicaine, sur la mise en boite de scènes non simulées qui se mélangent vite dans la tête de l'intéressé. On passe aussi en revue ses partenaires féminines les plus célèbres, avec celle qui acceptaient ou pas de passer à la pratique X et même le souvenir d'une première scène loin d'être réussie pour un homme que l'on pensait d'une fiabilité à toute épreuve.
La galette se conclue par quelques séquences vues en nuit américaine dans le montage final et présentées ici en pleine lumière. Pour les archivistes.

Liste des bonus : Le vrai étalon italien avec Mark Shannon (45'), Séquences de jour (14')

 

 

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