WHAT PRICE HONESTY ? & GANG MASTER
目无王法, 帮规 - Hong-Kong - 1979, 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action
Réalisateur : Patrick Yuen, Tsui Siu-Ming
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonnais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 175 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 8 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
What Price Honesty ? : Trois jeunes officiers de police se heurtent à la corruption et font un pacte pour lutter contre ce mal. Mais à quel prix l'honnêteté ? Gang Master : Le chef d'un gang décède et choisit son fils pour lui succéder et bouter les mongols hors de Chine. Pendant la cérémonie d'investiture, un couple fait irruption et accuse le nouveau chef d'être un mongol lui-même...
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Les trésors secrets de la Shaw

Quatrième double programme Shaw Brothers pour Spectrum Films qui s'éloigne cette fois-ci des délires bariolés et frénétiques de Tony Liu pour s'intéresser au travail de deux cinéastes bien moins reconnus : Patrick Yuen et Tsui Siu-Ming. Leurs films méritent pourtant d'être hissés au niveau des meilleurs productions du studio.

On réduit sans doute trop facilement la Shaw Brothers à son âge d'or et aux grands noms qui ont fait sa fortune (King Hu, Chang Che, Chu Yan, Liu Chia-Lang...), tandis que le tournant des années 80 est réduit à ses tentatives de spectacles fantaisistes, ses films d'horreur et ses essais outrageusement érotiques. Les deux films rassemblés ici sortent totalement du lot justement.
Considéré comme l'un des meilleurs chorégraphe du cinéma HK par ses pairs et futur auteur de petits classiques comme Holy Robe Of The Shaolin Temple et surtout Mirage, Tsui Siu-Ming inscrit son Gang Master dans une optique étonnement très traditionelle. Si le scénario joue en arrière-plan avec les origines des futurs triades et en délivre une vision mi-patriotique mi-fanatique, il s'inscrit cependant largement dans le décorum et l'atmosphère classiques des productions du studio. Nous sommes en 1982 et alors que le cinéma HK connait une expansion et une modernisation totale de se orientations, Gang Master revient aux grands films en costumes, aux tragédies du pouvoirs, aux complots, aux trahisons et affrontements entre clans et aux grands secrets de famille se dénouant, comme il se doit, pas de nombreux affrontements martiaux. Déjà vu soit, mais parfaitement orchestré, le film s'assure un scénario bien plus solide et charpenté que beaucoup d'autres, développant scrupuleusement ses personnages, profitant d'une mise en scène particulièrement élégante et construite ainsi que de chorégraphies très terriennes (peu de câble), didactiques (tous les mouvements sont posés) mais toujours vives, énergiques, spectaculaires et parfaitement montées. Délivrées à un rythme soutenu avec une montée en puissance imparable, ces dernières permettent aussi d'apprécier les performances d'une jeune garde souvent éclipsée dans les autres grandes productions Shaw comme Austin Wai, Bruce Leung et un Jason Pai Piao toujours parfait en traitre sanguinaire. Presque anachronique en 1982 donc, mais Gang Master parait avec la distance des années comme un très bon exemple de ce que pouvait être un grand divertissement made in Shaw.

 

tragic trio


Tourné trois ans plus tôt What Price Honesty ? lui prenait à contre-courant la légèreté nouvelle qui s'imposait peu à peu au sein du studio et au box-office local. Venu de la production indépendante, Patrick Yuen s'était justement fait remarqué pour le polar à forte teneure sociétale For Whom To Be Murdered (Vacances meurtrières à Hong Kong pour la France) et il apporte un réalisme étonnant à sa prestation. Forcément circonscrit aux habituels, et superbes, décors et costumes de la firme, l'essai s'avère cependant extrêmement moderne. Une œuvre précurseur des futurs grands polars dramatiques urbains qui vont devenir la norme la décennie suivante. Une terrible affaire de trois jeunes agents qui, confrontés à la corruption généralisée de la police, des notables et des instances politiques, vont devoir choisir leur propre voie : acceptation, rébellion ou tentative d'influence plus discrète en préservant son poste... Sun Chien, Jason Piao Pioa (même pas le méchant de l'affaire pour une fois) et Danny Lee sont parfait en frères d'armes malmenés par de véritables questions morales et par la cruauté des sacrifices auxquels ils vont devoir se confronter. Dans une atmosphère particulièrement délétère, sombre et violente, le film surprend aujourd'hui encore par son nihilisme total et l'intensité de certaines séquences, dont un viol brutal présenté avec une nudité frontale bien plus dérangeante que voyeuriste. Sans manichéisme facile, sans déviances bis, What Price Honesty ? maintien sa logique dévastatrice de bout en bout s'arcboutant là encore sur une école d'acteurs et de techniciens ultra professionnels et talentueux et bien entendu des combats, plus réalistes et sobres que d'habitudes, mais efficacement et spectaculairement exécutés tout en servant la tragédie en cours. Puissant, tendu, plus noir que jamais, ce grand polar en costume est certainement l'un des joyaux noirs, trop méconnus, de la Shaw Brothers.

Nathanaël Bouton-Drouard














 

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Image :
Pas de surprise, les copies des deux films en présences sont du même tonneau que pour les autres doubles programmes Shaw Brothers de l'éditeur, soit des version HD des restaurations soignées effectuées par Celestial Pictures il y a quelques années pour les sorties DVD. Les cadres sont toujours aussi beaux, quasiment délestés de la moindre trace du temps ou légères instabilités, les couleurs sont chaudes et pimpantes et seul, à nouveau, les plans les plus sombres laissent affleurer un bruit vidéo et quelques artefacts dans les zones noires.

 


Son :
What Price Honesty ? est disponible uniquement en mandarin, Gang Master y ajoute un doublage cantonnais, dans tous les cas les pistes sont en belle forme avec des DTS HD Master Audio 2.0 clair et net restituant les mono d'origine avec sérieux.

 


Interactivité :
Nouveau double programme Shaw Brothers donc et reprenant bien évidemment le packing avec léger fourreau cartonné et boitier Amaray à jaquette réversible. Un disque Bluray par film avec les incontournable présentations d'Arnaud Lanuque (contexte de production pour chacun, grands noms à l'affiche, références historiques...) ainsi qu'une jolie petite poignée d'interviews plus ou moins liées aux films, mais en tout cas toujours à l'histoire du studio. Le journaliste Frederic Ambroisine ressort donc de ses archives ses rencontres avec Yuen Cheung-yan, et surtout le duo Ku Feng et Chen Kuan-tai, véritables piliers des productions Shaw, affichant une connivence très touchante, tandis que Spectrum délivre des entretiens avec l'acteur Jason Piao Piao (présent sur les deux disques), le producteur Lawrence Wong (commun avec le précédent The Lady Assassin) et un sujet plus long en compagnie du réalisateur Tsui Siu-ming. Ce dernier revient volontiers sur des débuts et surtout sur son expérience à la Shaw, révélant au passage le système de priorités techniques liés à la renommé des réalisateurs et la liberté obtenue en acceptant des décors préexistants et un casting dénué de grandes stars maison. Très intéressant.

Liste des bonus What Price Honesty? : Présentation du film par Arnaud Lanuque, Interview de Yuen Cheung-yan par Fred Ambroisine, Interviews de Jason Pai Piao, Lawrence Wong et bande-annonce.
Liste des bonus Gang Master : Présentation du film par Arnaud Lanuque, Interview de Ku Feng et Chen Kuan-tai par Fred Ambroisine, Interviews de Jason Pai Piao, Lawrence Wong, Tsui Siu-ming et bande-annonce.

 

 

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