DIS-LUI QUE JE L’AIME
France - 1977
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Genre : Thriller
Réalisateur : Claude Miller
Musique : Alain Jomy
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 107 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 14 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Dis-lui que je l’aime »
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LE PITCH
David est aveuglé par l’amour qu’il porte à lise, son amie d’enfance. Celle-ci, mariée et mère de famille, ne cesse de le repousser. L’amour fou de David devient alors dévastateur…
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La maladie d'aimer

Seconde réalisation pour Claude Miller après le succès de La Meilleure façon de marcher, Dis-lui que je l'aime fut aussi son premier échec public. Des retrouvailles inattendues entre Depardieu et Miou-Miou, plongés dans des amours impossibles, qui méritaient certainement une meilleure reconnaissance.

Couple ( ?) inoubliable dans le cultissimes Les Valseuses de Bertrand Blier, Gérard Depardieu et Miou-Miou, désormais stars du cinéma français, se retrouvaient donc trois ans après cet énorme succès populaire. Mais très loin de leurs personnages libres, bavards, culottés et rebelles, les voici dans des rôles bien plus distants, mesurés, effacés presque. Il n'est plus question de baise ici (quoi que) mais d'amour, à sens unique qui plus est. Lui est devenu petit comptable bien mis à lunettes (ce qui contraste étrangement avec sa carrure de plus en plus massive) et elle n'est qu'une voisine, mignonne mais timide, amoureuse éperdue. Elle ferait tout pour lui, mais David est obsédé depuis toujours par Lise (Dominique Laffin), une amie d'enfance, une histoire d'autrefois, qui a depuis refait sa vie et attend un enfant. Il lui a acheté un chalet, qu'il a meublé avec passion, il l'appelle chez elle, l'interpelle partout dans la rue, menace son conjoint... C'est que sous ces dehors presque doux, délicats et élégants, Gérard Depardieu joue graduellement de son corps et de ses impulsions pour faire naitre un personnage inquiétant, violent et prêt à tout. En adaptant le roman Ce mal étrange de Patricia Highsmith (à l'origine déjà de L'Inconnu du Nord-Express et de Plein Soleil), Claude Miller choisit sciemment d'en évacuer toute trace d'élément policier, d'enquête, resserrant la trame et l'univers du film autour des passions dévorantes de ses personnages.

 

mortelle passion


Un drame psychologique creusé mais évasif (quid de la sexualité de David et des sentiments ambivalents de Lise ?), souvent poétique mais sans lyrisme extravagant, où cependant la folie de plus en plus envahissante de David fait bel et bien naitre une tension palpable, puis étouffante, digne d'un thriller Hitchcockien (Rebecca est l'une des références du film) qui permettra d'ailleurs au cinéaste de peu à peu délaisser une mise en scène feutrée pour faire laisser apparaitre sa maitrise évidente du suspens et de l'atmosphère trouble. Le final dans la piscine (à nouveau) doté de cette architecture verticale et écrasante vient d'ailleurs rejoindre le surréalisme de son futur Mortelle Randonnée et rappelle que le cinéaste est toujours fasciné par ces personnages en marge, autres, à l'esprit dérangé même dont il s'efforce de briser la coquille et d'embrasser la logique. Récit d'une démence, d'un amour chauffé à blanc, d'une possession aveugle au point de réécrire la réalité, Dis-lui que je l'aime est effectivement moins aimable que le précédent La Meilleure façon de marcher, et bien moins carré et « commercial » que le superbe Garde à vue. Mais l'ambiguïté constante des sentiments, des situations et des personnages, la sobriété délitée de la mise en scène et l'excellence absolue de son interprétation (même Christian Clavier en beauf en costume est sobre) en font un film frappant, perturbant, et la confirmation d'un grand cinéaste qui n'aura de cesse de scruter derrière la façade, derrière une "normalité" apparente.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Le travail de restauration est toujours aussi soignée pour cette collection No Année 70 même si ici les efforts montre quelques difficultés à surmonter une photographie un peu vaporeuse, quelques plans moins fermes et des séquences sombres marqués par un grain, de pellicule, très marqué. Peut-être moins impressionnant que d'autres titres la collection, mais le rendu reste plus qu'appréciable, assurant une définition solide, un vrai respect des couleurs volontairement ternes et effacées, et un maintien de la nature organique de l'objet.

 


Son :
La piste mono d'origine est proposée ici en DTS HD Master Audio 2.0 pour un résultat sobre et central mais toujours clair et joliment équilibré. Les légères sensations d'écrasement de certains dialogues par la musique ou de distance sont bien entendu dûs au mixage initial.

 


Interactivité :
Toujours encore un peu figé dans sa posture d'intervenant sur les titres de sa collection Jérôme Wybon délivre cependant les petites informations qui permettent de replacer le film dans son époque et les carrières respectives. L'introduction est suivie par deux sujet d'archives, l'un sur le tournage pour la télévision française, l'autre sur un plateau pour la télévision belge, et surtout par la longue interview enregistrée avec le réalisateur lors de la sortie du DVD en 2004. Ce dernier partage quelques souvenirs de tournage, son ressenti à la découverte du roman original, son choix pour les acteurs (dont un Depardieu très travaillé par son rôle), mais aussi son stress de jeune réalisateur et sa réaction face à l'échec commercial du film. Un monsieur toujours loquace, franc et intéressant.

Liste des bonus : Introduction par Jérôme Wybon, Interview de Claude Miller, Gérard Depardieu et Miou-Miou sur le tournage (4'), Interviews de Claude Miller et Miou-Miou Novembre 1977 (10'), Entretien avec Claude Miller, (2004, 45')

 

 

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