DES FILLES DISPARAISSENT / LES CRIMINELS
Lured, The Criminal - Etats-Unis, Royaume-Uni - 1947, 1960
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Des Filles disparaissent / Les Criminels »
Genre : Policier
Réalisateur : Joseph Losey, Douglas Sirk
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 199 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 30 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Des filles disparaissent : Après la disparition de plusieurs jeunes filles, Scotland Yard décide d’utiliser l’amie d’une d’entre elles comme appât. Les Assassins : A peine sorti de prison, un criminel décide de récidiver dans le vol de la caisse d’un champ de courses.
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Flics et assassins

Pour son 50ème numéro, la collection Make My Day ! décide de récidiver dans le double programme. Au menu, deux raretés pour le prix d'une seule : un polar signé du grand Douglas Sirk où Lucille Ball rencontre Boris Karloff, et un faux film de prison réalisé par Joseph Losey et porté par Stanley Baker, un de ses acteurs fétiches. Sortez vos couverts !

Lured (qu'on pourrait traduire par « leurré ») fait partie de la première période hollywoodienne de Douglas Sirk avant son retour rapide en Allemagne, son pays natal. Une période où celui qui deviendra un des très grands réalisateurs de l'âge d'or du cinéma classique américain se cherche encore, répond souvent présent aux propositions des studios, forge des amitiés et arrive déjà à livrer des films qui font leur petit effet. Comme c'est le cas ici, où le pitch, plutôt sombre, à base de disparitions mystérieuses de jeunes filles, joue les funambules et penche souvent vers la comédie sans jamais y verser totalement. Un équilibre précaire mais stable qui doit beaucoup à la présence de Lucille Ball, parfaite dans le rôle d'une Américaine délicieusement délurée qui tient la dragée haute aux trop rigides inspecteurs de Scotland Yard et devient leur meilleur atout dans l'enquête qui vise à coincer l'auteur de ces disparitions. Face à elle, le toujours parfait George Sanders et l'apparition fugace mais ô combien remarquée de Boris Karloff en vieil artiste à moitié fou qui offre au film une parenthèse certes inutile d'un point de vue narratif mais sacrément jouissive.
Sirk emballe le tout avec panache et une science du cadre qui fait déjà mouche. Pas inoubliable ni très original, d'autant que le film est le remake de Pièges de Robert Siodmak (et reprend même les partitions de Michel Michelet) mais il y a de quoi passer là un très bon moment.

 

vie et mort d'un voleur


Alors que Jacques Becker réalise Le Trou, LE film de prison qui fera date (et déjà sorti en HS dans la collection de Jean-Baptiste Thoret), Joseph Losey réalise Les Criminels. L'histoire d'un malfrat incarcéré, qui en sort pour mieux y retourner. Dans le rôle titre (qui est au singulier en vo), Stanley Baker, acteur au visage fermé et à la carrure impressionnante qui tournera plusieurs fois avec Losey. Parfait dans le rôle de ce gangster plus à sa place au milieu de ses pairs enfermés qu'en liberté. Un anti héros qui préfigure déjà ceux qui viendront hanter toute la filmographie de Joseph Losey, de Deux hommes en fuite à Mr. Klein. Autour de son personnage, Losey semble déconstruire la narration habituelle du film de gangsters et obtient une sorte d'épure formelle assez déroutante. Ainsi, son personnage est déjà emprisonné au début du film sans qu'on ne s'attarde vraiment sur les raisons. Une fois sorti, il organise le vol de la caisse d'un champ de courses sans que l'attaque ne soit montrée, pour mieux le ramener derrière les barreaux et l'en faire sortir une ultime fois vers une issue qu'on devine déjà fatale. Une drôle de construction au service d'un scénario bizarrement pensé lui aussi, où les personnages ne sont pas vraiment développés et où seule compte la destinée de ce proscrit qui n'est à sa place nulle part, aussi bien dans une société civile mal définie qu'entre les murs d'une prison où la présence de gardiens menaçants n'exclue pas qu'elle soit dirigée par ses prisonniers. Un drôle de film pas inoubliable lui aussi mais qui mérite tout de même le coup d'oeil, comme à chaque fois dans la collection Make My Day !

Laurent Valentin




 

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Image :
Si Des filles disparaissent souffre des stigmates propres aux bandes datant des années 40, cela ne l'empêche pas d'offrir à l'oeil une multitude de détails probablement pour la toute première fois de son existence. Quant à Les Criminels, il profite lui d'une image lumineuse à souhait, avec un contraste saisissant lorsque des noirs profonds s'invitent à l'image.

 


Son :

Une seule piste audio en Anglais et 2.0 pour les deux films. Piste native expurgée de ses habituelles scories dues au temps et à l'époque et qui profite d'une belle restauration sur les deux films.

 


Interactivité :

Comme toujours dans la collection, une préface toujours aussi intéressante de Jean-Baptiste Thoret éclaire sur les films et leur production. Les Criminels profite en plus de l'expertise d'Olivier Père qui revient longuement sur la personnalité de Joseph Losey et dissèque réellement le film en revenant sur tous ses éléments narratifs et techniques. Instructif.

Bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (9'41 et 6,59), Les Criminels revu par Olivier Père (48'38).

 

 

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