PREDATOR ULTIMATE HUNTER EDITION
Etats-Unis - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Predator Ultimate Hunter Edition »
Réalisateur : John McTiernan
Musique : Alan Silvestri
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et Dolby Digital 4.0, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français et anglais
Durée : 107 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 7 juillet 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Parti à la recherche d'une équipe de conseillers militaires américains dans la forêt équatorienne, un commando de mercenaires dirigé par Dutch Schaefer est attaqué par un ennemi invisible et indestructible.
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Ultimes guerriers

En quinze années d'exploitation, le chef-d'œuvre de McT avait amassé une quantité de mythes et légendes de concernant son tournage. On parlait d'un metteur en scène étouffé sous le poids de ses responsabilités, d'un scénario gruyère écrit au jour le jour ou encore d'un sauvetage à l'arrachée de l'entreprise durant la postproduction, grâce au talent de Stuart Baird, monteur attitré de Joel Silver. L'édition vidéo définitive de Predator, qui revient en Blu-Ray, aura permis de remettre les points sur les « i ».

 

La version de Predator que nous connaissons correspond au seul montage jamais approuvé par le cinéaste, et les rumeurs autour d'un cut de 2h47 semblent aujourd'hui bien dérisoires, les scènes coupées enfin dévoilées étant loin de s'apparenter à des trésors exhumés. Le grand final, illustration inégalée de la sauvagerie primale à l'écran, reste donc l'enfant légitime du réalisateur, sa manière de répondre logiquement à 90 minutes de testostérone en ébullition permanente. Au vu des images d'archives offertes par le DVD, Il est clair que John McTiernan fut bel et bien le marionnettiste de cette étude faussement complaisante sur la régression de l'homme. Si les suppléments tendent à minimiser son apport au design de la production en général (lui-même est un modèle constant d'humilité à ce sujet, et aime à souligner la contribution exceptionnelle de Stan Winston), le futur papa de Die Hard semble perpétuellement collé à la caméra, autant dans les scènes de dialogues que lors du tournage des cascades. Une implication maladive qui explique sans doute le jusqu'au-boutisme expressionniste de la chose, ouvrant la voie à Une journée en Enfer et Le Treizième Guerrier.

 

Mct la fonde


Malgré des dizaines de visions successives et un souvenir de gosse forcément ému et nostalgique, le film de John McTiernan est loin d'usurper son statut d'œuvre cultissime et révolutionnaire. Manifeste cinématographique sur la perception du mouvement et de l'espace prenant le relais du travail orchestré depuis 1971 par William Friedkin (travail que ce dernier reprendra contre toute attente sur Traqué, après une bien trop longue absence), concentré d'horreur viscérale et d'action jouissive, pétaradante et à la limite du grotesque (un choix volontaire, comme l'explique McT dans son commentaire audio), Predator est bien plus que le comic book décérébré auquel on a souvent voulu le résumer. Joyau brut de cinéma, expérience sensorielle sur la représentation de la jungle, cette pelloche acérée tiendrait plutôt du caprice artistique ultime, John McTiernan s'amusant déjà à théoriser et pervertir de l'intérieur, près de dix ans avant Last Action Hero et Une journée en Enfer, les codes les plus fondamentaux du blockbuster. Une démarche de frondeur qui, hélas, se fait ces temps-ci de plus en plus rare.

Alexandre Poncet




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Image :
La précédente édition Blu-ray avait brillé par son effarante fainéantise, se contentant de donner un poil plus de couleurs au master DVD bien fatigué. L'annonce d'une remasterisation à grande échelle pour accompagner l'attendu Predators avait donné aux fans l'envie de sortir le champagne... Las la copie en présence est un véritable sacrilège, traitant au bulldozer la copie précédente (l'éditeur n'a pas jugé bon de revenir à une copie cinéma) à grand renfort d'esbroufe numérique et de réducteur de bruit, voire de gomme Photoshop (nan vraiment on se demande là). Nourri d'un grain naturel depuis son exploitation en salles, choix conscient de McT pour souligner le réalisme de l'action, Predator nous revient tout lisse, brillant, donnant dans certains plans l'impression que les acteurs sont des figurines en plastique sur-liftées. Certes les couleurs sont plus belles que jamais (le vert de la jungle est éclatant) et certains gros plans font preuve d'un piqué appréciable, mais le procédé est loin d'aboutir à un résultat satisfaisant, affichant un flou quasiment omniprésent, dissimulant laborieusement les taches et autres défauts de pellicule sous un blur du pauvre. Ceux qui veulent absolument visionner leur collection avec un rendu numérique y trouveront sans doute leur compte... Mais les cinéphiles risquent d'être tentés de remettre rapidement le DVD dans le lecteur.    

 

Son :
Le DTS HD Master Audio anglais (oh yes !) met bien sûr en avant les tambours et crescendos de cuivres d'Alan Silvestri. Les bruitages costauds du film ne sont pas en reste (explosions, tirs de mitrailleuse lourde, déforestation à grande échelle, déformation sonore occasionnés par la vue subjective du Predator », etc.), et la spatialisation en multi-canaux, exercice difficile pour un film originellement mixé en stéréo, est un régal. A coté la version française fait pale figure avec un DTS 5.1 mi-débit incapable de restituer les sons d'arrières plans avec un effet de sourdine décevant.

 

Interactivité :
Après avoir proposé une édition blu-ray vide de toute interactivité, FPE rattrape le coup pour cette Ultimate Hunter Edition en rappelant les bonus présents sur l'édition DVD collector. Un vrai bonheur tant les différents documents fournis mêlent habilement les interviews d'époque, les images d'archives (en pagaille !) et les entretiens rétrospectifs auxquels se prêtent tous les membres du casting encore de ce monde (RIP Kevin Peter Hall)... Ces suppléments sont une véritable mine d'informations concises et passionnantes, allant droit à l'essentiel sans toutefois se prendre trop au sérieux. Mais ce qui rend la galette absolument indispensable pour tout McT-maniac reste le commentaire audio du réalisateur, longue note d'intention permettant au maître d'analyser son légendaire sens de l'espace, son rapport aux cultures et langues étrangères, ou encore son approche de la violence à l'écran. Une leçon de cinéma. Enfin pour marquer le coup et surtout assurer la promo de Predators, l'éditeur en a profité pour glisser ici une courte vidéo mêlant featurette et trailer du troisième film de la série, ainsi qu'un court segment dans lequel Rodriguez et son réalisateur déclarent tout leur amour pour le film de McTiernan (tapant entre les lignes sur le second) pour mieux affirmer la filiation de leur propre bébé. Exercice obligé quoi, et pas forcément prégnant une fois que l'on a vu ladite séquelle...

 

Listes des Bonus : Commentaire audio du réalisateur, « S'il peut saigner, on peut le tuer », Au cœur du Predator, Effets spéciaux, Scènes inédites et coupées, Courts extraits, galerie de photos, Predators : Premières images, Predator : Evolution d'une espèce, bandes-annonces, Copie DVD du film.

 
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