ROMEO + JULIETTE
William Shakespeare’s Romeo + Juliet - Etats-Unis - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Romeo + Juliette »
Genre : Drame
Réalisateur : Baz Luhrmann
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1, DTS 5.1 Français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 115 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 6 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Romeo + Juliette »
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LE PITCH
Adaptation de la plus célèbre pièce de Shakespeare, évoquant la passion d'un jeune couple appartenant à deux familles ennemies depuis des lustres, replacée à notre époque de bruit et de fureur mais avec le texte intégral de l'auteur.
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Rouge Passion

Deuxième volet de la trilogie du Rideau Rouge, Romeo + Juliette, reste encore aujourd'hui, sans doute plus encore que Moulin Rouge ! et Ballroom Dancing, le film le plus expérimental de Baz Luhrmann.

 

Lorsqu'au milieu des années 90 un jeune réalisateur australien, tout juste remarqué pour le délirant Ballroom Dancing (sorte de Dirty Dancing sous acide) se lance dans une nouvelle adaptation de la pièce mythique de William Shakespeare, personne n'y croit vraiment et en premier lieu la Fox, qui ne voit le film que comme une petite production à destination des teens. Il faut reconnaître que depuis la magistrale vision de Zeffirelli ou la comédie musicale West Side Story, plus personne n'ose se frotter à une œuvre qui pour beaucoup sent la naphtaline. Et c'est là toute l'ambition de Baz Luhrmann : redonner un grand coup de jeune à cette histoire d'amour éternelle. Ou plutôt redonner au texte initial toute l'énergie et la couleur populaire qu'il devait revêtir lors de ses premières représentations. Ancrant son récit dans une Vérone oscillant entre Miami et une nouvelle Babylone, carrefour d'un christianisme exacerbé mais aussi étuve regorgeant de violence et de tragédie, Romeo + Juliette n'hésite pas à s'accaparer fidèlement le texte de Shakeaspeare, effectuant seulement quelques coupes dans le livret.

 

on stage

 

Le casting déjà particulièrement pertinent, voire puissant, réussit le coup de maître de déclamer la prose en vieil anglais avec un naturel, un humour et une passion tout simplement spectaculaires. Habité par le duo DiCaprio / Claire Danes, beaux comme des anges, le film donne tout autant l'opportunité à John Leguizamo (Tybalt) ou Harold Perrineau (Mercutio) de briller grâce à des visions aussi outrancières que délirantes de leurs personnages. C'est que fidélité ne rime pas ici avec immobilité. Outre une relecture qui faire ressortir toute la fureur et la trivialité d'une oeuvre qui n'a de classique que son statut, le film de Luhrmann s'apparente à un véritable patchwork des années 90, s'emparant du rythme et de la frénésie de l'esprit MTV pour juxtaposer sans vergogne couleurs, teintes, tonalités et musiques (Garbage, Des'Ree, Radiohead...) avec une créativité sans cesse renouvelée. Aussi romantique que fun, Romeo + Juliette est un film excitant, voire électrisant, qui révèle toute la fougue d'un cinéaste moderne mais jamais « clipesque », dont l'esthétique mêlant kitsch et flamboyance n'a alors aucun égal. Pas étonnant dès lors que le film (et le CD de sa bande originale) ait lancé définitivement la carrière du petit DiCaprio, ni que le film ait connu un tel succès, à peine éclipsé par celui, non moins mérité, de Moulin Rouge !.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Entièrement remasterisé, nettoyé et repensé sous la surveillance du réalisateur, le master proposé en Blu-ray rattrape facilement les écarts de l'ancien DVD. La mosaïque de couleurs, les effets de lumière et la profondeur de champ offrent un réel ravissement pour les yeux. Esthétiquement plus beau que jamais, le film se montre pourtant un peu décevant au niveau des détails. Le grain d'origine est certes présent et très naturel, mais le piqué n'est pas toujours parfait (un léger flou apparaît régulièrement). Un constat sans doute dû au léger blur (typique des 90's) appliqué sur le film à l'époque.

 

Son :
Idem pour le son. L'éditeur s'est ainsi fait un malin plaisir de reprendre les bandes sonores pour leur donner une nouvelle puissance. Si la version française (les vers traduits sont nettement moins chantants) ne profite que d'un DTS 5.1 ample et énergique, la version originale est un pur délice. Passée en DTS-HD Master Audio 5.1, elle approche la limpidité d'un plein débit avec une dynamique magistrale, plongeant les différentes sources musicales au cœur de l'action et du salon. La spatialisation est optimale et le plaisir ne souffre aucune retenue.

 

Interactivité :
On aurait pu craindre que FPE se contente des bonus déjà présents sur l'édition DVD. Quelques suppléments déjà sympathiques cependant, avec des vidéos montrant des séquences prises sur le vif du tournage, un discours amusant du réalisateur racontant sa présentation du projet aux représentants du studio, une série de très courtes interviews (2 minutes en moyenne) assez anecdotiques et surtout un commentaire audio sympathique regroupant le réalisateur et trois autres collaborateurs. Luhrmann revient en option au sein d'un Picture in Picture ou viennent s'ajouter en surimpression bon nombre de croquis, quelques images de tournage supplémentaires ou des cartons informatifs. Sympa et bien plus moderne. Au rayon des nouveautés on trouvera aussi quelques documents inédits (galeries, archives...) mais surtout un vrai documentaire de près d'une heure tourné pour l'occasion et en HD. Chose rare, ce n'est pas un long making of, mais bel et bien une vidéo complète et passionnante qui retrace l'autre pari de Romeo + Juliette : sa bande originale. Remontant aux origines du projet, à l'envie du réalisateur de mélanger nombre d'influences musicales et celle du studio de dénicher quelques tubes en puissance, ce petit film presque épique souligne l'effervescence de l'atelier mis en place et le niveau d'expérimentation vécu par le trio Nellee Hooper, Craig Armstrong, Marius de Vries et leurs équipes. On y apprend entre autres que le thème principal est né en quelques minutes et huit notes jouées sans conviction, que le producteur cachait les dépenses au studio, mais aussi comment convaincre des artistes chevronnés de prêter leur titre pour l'occasion. On aurait aimé du coup un produit du même gabarit autour du reste de la production.

 

Liste des bonus : Dépoussiérer Shakespeare (mode PIP), Commentaires audio de Baz Luhrmann, Catherine Martin, Donald McAlpine  et Craig Pearce, Archives inédites (14'), La Musique (50'), Galerie du réalisateur (33'), Galerie du directeur photo (7'), Galerie d'interviews (16'), bandes annonces

 
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