TêTE DE TURC
France - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Tête de turc »
Genre : Thriller, Drame
Réalisateur : Pascal Elbé
Musique : Bruno Coulais
Image : 2.35 16/9
Son : Français 5.1 et 2.0 DTS HD Master Audio
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 87 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 8 septembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tête de turc »
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LE PITCH
Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc...
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La gueule de l'emploi

Clairement dans la mouvance du renouveau du polar à la française, mélangeant chronique sociale et approche réaliste du genre, la première réalisation de Pascal Elbé (Mes amis, mes amours) opère sur un postulat emballant la politique de la terre brulée.

 

Après avoir pendant des années joué les clowns tristes et décalés pour Danny Boon, puis au cinéma dans quelques comédies poussives, Pascal Elbé a peu à peu réussi à imposer ses vrais talents d'acteur, fort d'une grande justesse et une gueule sympathique idéale dans des rôles d'homme simple. Sa reconnaissance progressive est aussi passée par l'écriture de quelques scénarii (Père et fils, Mauvaise foi, 3 amis), avec comme aboutissement un passage en bonne et due forme derrière la caméra. Mais là où certains se seraient contentés se recycler un pitch de comédie facile, véhicule idéal pour imposer sa gueule sur grand écran, Elbé se charge clairement de son script le plus ambitieux, tentant d'exposer un constat entre fatalisme et espoir sur les banlieues hexagonales. Et le fait divers qui ouvre le long-métrage est à ce titre particulièrement symptomatique de l'incompréhension qui frappe ces grands ensembles délabrés : une arrestation musclée qui échauffe les esprits, le gyrophare du véhicule de fonction d'un médecin (Elbé en personne) qui fait croire à quelques jeunes qu'ils caillassent une voiture de flics, un gamin qui balance un cocktail Molotov mais, sous le coup de la culpabilité, s'empresse de sauver sa victime, tandis que quelques cadres politiques tente de profiter des dégâts.

 

entre ses murs

 

De nombreux enjeux se télescopent et des personnages bien campés et complexes se croisent, venant se greffer à l'intrigue le frère du médecin, flic désabusé, et quelques mères dépasséees et meurtries. La photo instantanée est précise, crédible et tragique, tandis que la mise en scène, nerveuse et musclée offre une plongée directe au cœur des évènements. Une belle entrée en matière qui cependant n'arrive pas à dissimuler le manque de tenue de l'heure suivante, essuyant les écueils d'un certain sentimentalisme, affichant une psychologie tour à tour improbable (revirement pu crédibles de certains personnages) ou pathétique et s'enfonçant dans des systématismes stylistiques éreintants. Trop cut et surmonté, pas toujours très bien cadré, Tête de turc souffre clairement du sentiment d'urgence qu'il voulait imposer, se perdant du coup dans quelques trames parallèles parfaitement inutiles (l'excellent Simon Abkarian en est la première victime) et amenant finalement le métrage à embrasser la plupart des clichés qu'il voulait éviter. Des tics nerveux qui contaminent même un casting, théoriquement solide mais ici trop souvent à côté de la plaque. Le message en lui-même est parfaitement louable et Elbé, réalisateur, semble augurer une future carrière à suivre, mais ce premier essai affiche bien trop de défauts et d'hésitations pour ressembler à un Altman ou James Gray français comme l'annonçait un journaliste du Point.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Granuleuse et urbaine, la photographie de Tête de turc signée Jean-François Hensgens (Banlieue 13 Ultimatum) trouve un écrin parfait en HD. Le piqué, finement ciselé, apporte un aspect réaliste et une profondeur non négligeable, tandis que les couleurs, froides et lumineuses, resplendissent à chaque plan. Contrastes bien dessinés, noirs immuables, compression invisible, du grand Blu-ray.   

 

Son :
Sans accès au menu (en même temps pour quoi faire ?), le Blu-ray de Tête de turc se lance immédiatement, le disque privilégiant tout logiquement son mixage DTS HS Master Audio 5.1 appuyant l'aspect réaliste du long-métrage avec des ambiances soignées et surtout une mise en avant naturelle des dialogues. Un travail soigné qui offre une jolie amplitude sur les installations Home Cinema avec une limpidité constante. Ceux qui n'ont jamais pu investir sur un tel matériel seront cependant agréablement surpris de pouvoir visionner le film avec un DTS HD Master Audio 2.0 plus approprié et très efficace.  

 

Interactivité :
Malgré les critiques plus que positives lors de sa sortie, Tête de turc nous revient nu comme un ver. Il aurait pourtant été intéressant d'entendre Elbé parler de cette première expérience derrière la caméra et, pourquoi pas, expliquer certains choix esthétiques et narratifs assez curieux.

 

Liste des bonus : Aucun

 
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