28 JOURS PLUS TARD
28 Days Later - Angleterre - 2002
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « 28 Jours plus tard »
Genre : Horreur
Réalisateur : Danny Boyle
Musique : John Murphy
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1, DTS 5.1 Français, allemand, italien
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 113 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 3 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 28 Jours plus tard »
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LE PITCH
Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus et animés d'une rage incontrôlable, bondissent sur leurs "sauveurs" et les massacrent. 28 jours plus tard, le mal s'est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, la population a été évacuée en masse et Londres n'est plus qu'une ville fantôm...
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Aftermath

Envahi par les zombies sous toutes les formes possibles et imaginables (films, romans, jeux vidéo, BD...), on a peine à croire que ces créatures mythiques aient connu une véritable traversée du désert pendant plus d'une décennie. Cette exhumation de masse, on la doit en grande partie à ce film. 

 

Si Resident Evil a ouvert quelques mois plus tôt l'offensive, c'est bel et bien 28 jours plus tard qui en 2002 a permis aux zombies et autres infectés carnassiers de redevenir des créatures cinématographiques viables. Une remise au goût du jour qui aura dû passer par une version plus athlétique des nouveaux mangeurs de chair (dont s'inspirera largement L'Armée des morts), mais dont l'impact au début des années 2000 s'explique surtout par la personnalité de son réalisateur. De prime abord, ce survival british semble reconstruire, sous l'impulsion du scénariste Alex Garland (La Plage), la première trilogie de Romero, passant un peu abruptement du huit-clos de La Nuit des morts-vivants à la comédie en supermarché façon Zombie, puis au cauchemar militaire dans un dernier tiers musclé. Entre repompe et hommage, 28 jours plus tard pourrait prêter le flan à de nombreuses critiques sur ce point, si Danny Boyle (Trainspotting, Sunshine) n'embrassait pas totalement le matériel de base pour aboutir à sa manière à une nouvelle réflexion sociale et humaniste de haute volée.

 

Omega men

 

Déçu du remontage de son précédent La Plage, Boyle remet le couvert.  L'Angleterre en pleine apocalypse virale remplace ainsi les lieux enchanteurs du paradis perdu comme écrin cathartique, et permet de révéler les personnages (Cillian Murphy connaît le même parcours schizophrène que Leonardo DiCaprio) et par extension explorer la nature humaine dans ses derniers retranchements. Filmé avec une caméra numérique portée, aplatissant les plans autant qu'elle les trouble, le long-métrage recrée le chaos grâce à un montage hystérique mais jamais illisible, et replace dos à dos la sauvagerie maladive et l'apparente civilité du monde moderne. Et Boyle de reconfigurer le genre à son image, rejoignant a trajectoire du jeune homme quelque peu apathique qui va exploser les obstacles pour sauver la seule chose qui le mérite : sa dulcinée. L'amour comme dernier rempart contre l'horreur du monde (voir Sunshine, Slumdog Millionnaire) : un message toujours un poil naïf que le cinéaste réussit à rendre attachant grâce au talent des acteurs et l'objectif de sa caméra. Ainsi, si 28 jours plus tard a fait autant de bruit à son époque (et donné ainsi naissance à une excellente « suite »), c'est en grande partie pour son statut de film d'auteur allié à une véritable maîtrise formelle et un montage d'une efficacité redoutable. Tension, frissons et de jolis sentiments, 28 jours plus tard porte la patte d'un très grand.   

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Difficile d'apprécier de prime abord le nouveau master de 28 jours plus tard. Le film ayant été shooté avec une caméra numérique volontairement de basse résolution, la copie paraît sous-éclairée, totalement instable, souffrant de couleurs bien trop fades et ayant une curieuse tendance à baver. Sauf que c'est là toute la recherche esthétique de Danny Boyle, qui appuie l'aspect urbain et chaotique par cette apparente laideur. Par rapport au précédent DVD on voit tout de même les couleurs gagner en force et la compression se faire oublier. En fait l'excellent travail de FPE (qui soutient à la perfection ce travail sur l'image) est clairement évident lors de l'épilogue tourné en pellicule : couleurs sublimes, piqué ahurissant et profondeur de champ digne de Braveheart (les collines écossaises n'étant pas pour rien dans cette comparaison). CQFD donc.

 

Son :
Bien moins « sous-traité » que l'image, le mixage sonore anglais de 28 Jours plus tard a toujours eu le don de rendre plus éprouvante cette aventure sensorielle. Le DTS HD Master Audio  5.1 du Blu-ray approfondit encore son aspect épidermique. Entre quelques sonorités étouffées pour créer le trouble, la musique mélancolique de John Murphy qui semble apparaître dans le dos du spectateur, les hurlements des infectés qui envahissent la pièce, le tout est particulièrement efficace et éprouvant. Musclée, cette piste sonore écrase facilement le DTS français qui fait perdre au tout une certaine immédiateté et n'apporte pas la même limpidité d'écoute.

 

Interactivité :
Proposé pour l'instant uniquement en bipack avec sa suite 28 semaines plus tard, 28 Jours plus tard n'apporte pas de grandes nouveautés dans son interactivité, mais a au moins le mérite de reprendre l'intégralité du travail effectué sur le DVD collector. Au programme les deux fins alternatives finalement peu envisageables (Boyle assume ses happy end) et quelques scènes coupées s'attardant sur les liens entre les personnages, quelques galeries de photos sur le tournage... Le tout à chaque fois commenté par un réalisateur chaleureux. Celui-ci répond une nouvelle fois présent pour un commentaire audio très intéressant, accompagné du scénariste Alex Garland. Tous deux explorent toutes les étapes du projet et explicitent leurs choix narratifs et stylistiques sans être tristement didactiques.   Enfin le très bon making of livre quelques images de tournage, une poignée d'interviews classiques et une petite réflexion sur la possibilité d'une pandémie globale. Du solide. 

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Danny Boyle et Alex Garland, Les coulisses du tournage, fins alternatives, 7 scènes inédites avec commentaire optionnel, galeries de photos commentée, clip vidéo de Jacknife Lee, bandes-annonces

 
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