TéNèBRES
Tenebrae - Italie - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Ténèbres »
Genre : Horreur
Réalisateur : Dario Argento
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais, Français et Italien DTS Master HD Audio Mono
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 3 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Ténèbres »
portoflio
LE PITCH
Peter Neal, un écrivain américain, débarque à Rome, pour la promotion de son dernier livre, « Tenebrae ». Mais quelques jours auparavant, une jeune femme a été assassinée et le meurtrier lui a rempli la bouche avec des pages du roman. L’inspecteur Giermani est alors convaincu qu’il existe un lien entre Neal et le tueur.
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Fondu au noir

Maestro et fidèle descendant de Mario Bava, Dargio Argento a exploré toutes les tortueuses ruelles du thriller à la mode italienne. Après L'Oiseau au plumage de cristal et Les Frissons de l'angoisse, il signe avec Ténèbres sont 3ème et ultime chef-d'œuvre du genre.

 

Attendu au tournant en ce début des années 80, Dario Argento, sortant alors de deux chefs-d'œuvre esthétiques et ésotériques (le diptyque Suspiria / Inferno), revient à la surprise générale au genre qui lui avait ouvert les portes du succès : le thriller sanglant, appelé en Italie Giallo, en hommage aux vieilles collections de romans policiers façon série noire. Une parenté avec la littérature que le réalisateur met ici en évidence en offrant le premier rôle à un romancier prestigieux, poursuivi par un tueur largement inspiré de ces écrits. Des textes qui manifestement suscitent autant d'éloges (pour le style et l'efficacité) que de critiques pour la violence dépeinte et surtout une certaine misogynie. Un bon moyen pour Argento de répondre directement aux mauvais papier qui ont égrené sa carrière, attaquant surtout sa personnalité, ou du moins ce que certains ont cru y déceler au travers de ses œuvres. Mais le cinéaste n'est pas là que pour régler ses comptes puisque si la trame principale n'attire pas vraiment toute son attention (notons quelques scènes de blabla assez insipides et tirant à la ligne), le bonhomme est en pleine maîtrise de ses capacités visuelles.

 

ville ouverte

 

Les séquences de meurtres, assez soft dans un premier temps, rivalisent de créativité, accumulant les gros plans iconiques (le visage de la victime qui apparaît dans la déchirure d'un vêtement, un rasoir à quelques millimètres d'un œil écarquillé), des travellings lents et maniérés ou une vision subjective aussi tétanisante que celle du Halloween de Carpenter. La mise en scène aérienne et manipulatrice, accompagnée par un thème cathartique de l'ex trio de Goblin, est en constante réinvention, particulièrement remarquable dans un plan-séquence de 8 minutes à la Luma (alors à ses balbutiement), embrassant le point de vue de l'assassin puis s'envolant vers l'omniscient. Tout l'irréalisme de Ténèbres s'y empare d'un genre finalement très cru et terre-à-terre. Présentant une vision romaine très moderniste (architecture marbrée typique des 80's), le film décrit un univers quasi-futuriste, aux murs d'un blanc éclatant, aux ruelles vides (un comble pour la capitale italienne !) et à la lumière lunaire. Hors de l'espace et du temps, le giallo devient ainsi fantaisie, fantasme absolu et sa perversité (presque une parodie freudienne) dépasse largement les fausses pistes d'un scénario somme toute assez laborieux.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Encore une fois, glisser le Blu-ray de Ténèbres dans son lecteur peut être une grande source de fébrilité... surtout que jusqu'à aujourd'hui le film n'a pas toujours été traité avec le respect qui lui est dû. Mais manifestement, Wild Side Video aime Argento et le soigne. Et immédiatement, il est indéniable que le résultat est des plus impressionnants. La copie a été nettoyée de fond en comble (reste quelques rares petites taches blanches à peines décelables) et le master HD fait ressortir toutes les teintes magiquement contrastées et la moindre matière présente à l'écran d'un film à l'esthétique imparable. D'une netteté sans faille et doté d'une compression parfaite, la galette fait réapparaître une profondeur de champ renversante et finit d'imposer Ténèbres comme l'une des œuvres majeures du maître.

 

Son :
Pas de « triturage » de son pour Ténèbres, qui voit simplement ses mixages d'origine gonflés sobrement par du DTS HD Master Audio Mono. Un bon moyen pour préserver le travail initial, l'expérience frontale du film, tout en y apportant une clarté inédite et une qualité d'écoute optimale. Les dîtes pistes ont été nettoyées pour un résultat convaincant, en particulier du côté de la version anglaise (qui s'approche le plus d'une VO) qui profite d'un dynamisme plus appuyé et sait marteler la bande originale sur un caisson de basse angoissant au possible. A noter que la version française s'en sort plutôt bien côté justesse et ne paraît en tout cas pas plus outrancière que les versions anglaise et surtout italienne.

 

Interactivité :
Toujours le même type de suppléments que pour le reste de la collection "Introuvables" de Wild Side avec une galerie de photos, les bandes annonces attendues et surtout un petit documentaire rétrospectif. Malgré sa passion pour le film en question, Argento se révèle toujours aussi peu prompt à s'épancher sur sa vision et ses partis-pris visuels, si ce n'est en lâchant rapidement quelques références. Heureusement Luciano Tovoli, son directeur photo, se montre volubile à souhait. Insistant plus que la normale sur l'implication du réalisateur (cela devient douteux à la fin), il explique avec un vrai talent didactique ses choix de lumière, l'utilisation de l'architecture et du format de l'image. Véritablement passionnant et éclairant, le témoignage est rejoint par celui de Claudio Simonetti appuyant, lui, l'influence électro de la musique du film et la curiosité qu'elle peut provoquer aujourd'hui. C'est vrai qu'en dehors du thème principal, on se croirait presque en boîte de nuit par moments.

 

Liste des bonus : La Maitrise d'un genre (26'), Galerie de photos, Bandes annonces

 
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