INFERNO
Italie / Etats-Unis - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Inferno »
Genre : Horreur
Réalisateur : Dario Argento
Musique : Keith Emerson
Image : 1.85 16/9
Son : Français, Italien et anglais en DTS HD Master Audio Mono
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 3 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Inferno »
portoflio
LE PITCH
Rose Elliot découvre dans un vieux livre l'histoire des Trois Mères, trois sorcières, et de leurs trois demeures, construites à Rome, Fribourg et New York. Convaincue que son immeuble abrite l'une d'entre elles, Rose demande à son frère Mark, étudiant en musicologie à Rome, de la rejoindre. Mais lorsque Mark débarque à New York, sa soeur a disparu.
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Enfers exquis

Lorsqu'il boucle Suspiria en 1977, Dario Argento est bien loin d'anticiper le triomphe international du long-métrage, et encore plus loin d'envisager une suite prochaine. Devant l'enthousiasme des fans et les chiffres du Box Office, l'auteur de Quatre Mouches de Velours Gris accepte de développer son propos quelques années plus tard. Coproduction italo-hollywoodienn (la Fox rentre dans l'affaire), Inferno n'est pas loin, ô surprise, d'égaler son illustre prédécesseur.

 

Il fut un temps où tout ce que Dario Argento touchait se changeait en or, ou plutôt en joyau bichrome. Poussant dès son prologue la colorimétrie jusqu'à ce que son panoramique s'emplisse d'aplats bleus, violets, roses, verts ou rouge sang, Argento touche droit dans le mille avec Inferno, en dépit d'un argument de séquelle artificiellement greffé à l'original. La mythologie naissante des Trois Mères (les deux dernières étant présentes dans cet épisode) s'expose ainsi dans un ouvrage que l'héroïne parcourt comme un livre de conte, conte dont elle deviendra ensuite le personnage central. Le postulat est succinct, mais Dario n'a pas besoin de fondations plus solides. Il est d'ailleurs étonnant de constater à quel point le dialogue s'efface dans Inferno, au profit de gestes, de regards, d'émotions exprimées sans bouclier face à une caméra inquisitrice. Une scène de cours magistral sur l'écriture symphonique dans un amphithéâtre bondé en est un bel exemple, la concision du contexte (un étudiant romain ouvre une lettre envoyée de New York par sa sœur) se voyant contrebalancée par un sens du bizarre exceptionnel, Argento se focalisant davantage sur le malaise du jeune homme vis-à-vis des regards fixes d'une somptueuse voisine que sur la lettre en elle-même.

 

Follow the White Rabbit

 

Expérience sensorielle non dénuée de maladresses (le final, comme toujours chez Dario, fait un peu de peine à voir), Inferno avance donc au rythme d'un cauchemar, le cinéaste se plaisant à redéfinir le réel en vidant les rues de New York et de Rome de tous leurs passants, en plaçant une antre de sorcière dans les bas-fonds d'une bibliothèque municipale, en colorant ses décors grâce à des éclairages puissants comme autant de tableaux en mouvement, ou en poussant ses protagonistes à des agissements totalement irrationnels, telle cette jeune femme décidant de plonger toute vêtue dans le sous-sol inondé de son immeuble, à la manière d'Alice dans le terrier du lapin blanc. S'ensuit une séquence absolument dantesque, comptant aisément parmi ce qu'Argento signera de plus abouti, de plus poétique, de plus hypnotique et de plus terrifiant de toute sa carrière. Il est d'autant plus douloureux, après redécouverte du long-métrage dans pareil confort (la copie proposée par Wild Side est d'une beauté et d'une fraîcheur étourdissantes), d'admettre que le maestro bouclera près de vingt ans plus tard sa "saga" avec Mother of Tears, objectivement l'un des plus mauvais films sortis depuis la naissance du Septième Art...

Alexandre Poncet

 

 

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Image :

Wild Side nous offre une copie resplendissante et parfaitement compressée (même lors des séquences les plus problématiques, notamment l'exploration du sous-sol inondé), aux couleurs puissantes sans être agressives (les roses sont même plutôt doux), aux noirs profonds (nécessaire pour la scène du couloir) et aux contrastes superbement travaillés. Si en Blu-ray les petites défauts de l'esthétique d'origine ressortent (grain très prononcé sur les noirs, les faisant tourner légèrement au gris), le travail de l'éditeur reste admirable et impose un sens du détail impressionnant. On n'avait jamais vu Inferno dans de si bonnes conditions en vidéo, et l'on doute que les projections cinéma de l'époque étaient aussi gâtées....

 

Son :

Le casting mêlant des acteurs italiens et anglosaxons, difficile de désigner la véritable version originale. Trois pistes sont ici disponibles : anglais, italien et français, cette dernière se payant des doublages plutôt maladroits. Les mixages sont en mono mais présentés en DTS-HD Master Audio, et apportent une belle restitution des sources sonores, des rares dialogues et surtout du score étonnant de Keith Emerson..

 

Interactivité :

Comme pour chacun des autres titres de sa nouvelle collection Argento, Wild Side accole à Suspiria une featurette rétrospective d'un petit quart-d'heure, comprenant des entretiens avec le cinéaste (dans un français hésitant ; on aurait préféré qu'il s'exprime dans sa langue d'origine avec des sous-titres afin qu'il puisse se concentrer un peu plus sur son propos), le directeur de la photographie Romano Albani et le metteur en scène Luigi Cozzi. Ce dernier rappelle une évidence : l'inutilité totale de Mother of Tears dans la carrière d'Argento, puisqu'Inferno mettait déjà en scène les Mères que Suspiria avait laissées de côté. Suspiria / Inferno, un dyptique qui se tient donc. Albani revient logiquement sur sa collaboration avec le cinéaste, et leur manière de peindre les images en s'inspirant de peintures et d'édifices romains. Argento, enfin, se remémore le manque de compréhension de la Fox vis-à-vis du long-métrage, notamment son choix de ne conclure aucune intrigue. Hollywood / Rome, deux façons de faire bien spécifiques....


Liste des Bonus : Featurette (13'), bandes-annonces, galerie de photos, filmographies.

 
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