KILLZONE 3
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Playstation 3 »
Image de « Killzone 3 »
Genre : FPS
Musique : Divers
Développeur : Guerrilla
Durée : élevée
Langue : Anglais, Français et divers
Distributeur : Sony
Date de sortie : 23 février 2011
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Killzone 3 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Un commando terrien parvient à abattre le Dictateur Hellgast, et provoque la montée en puissance d'un nouveau dirigeant encore plus extrémiste.
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A la guerre comme à la guerre

Annoncé en grande pompe par Sony comme le premier vrai grand jeu vidéo de la Next Gen, Killzone 2 avait su faire monter le buzz plusieurs années durant, entre la projection à l'E3 d'un prototype en images de synthèse et la sortie proprement dite du jeu, à la 3D temps réel quasiment équivalente. Sur ces bases très convaincantes, le géant japonais n'aura pas tardé à commander à ses protégés de Guerrilla le développement d'une seconde séquelle.

 

Premier but avoué de Killzone 3 : couper l'herbe sous le pied du troisième Gears of War. D'où une sortie bloquée par Sony en février 2011, soit deux mois avant le débarquement annoncé du mastodonte d'Epic Games (depuis repoussé aux calendes grecques, pour une volonté de peaufinage que l'on ne peut qu'encourager). Superproduction de science-fiction hardcore, Killzone 3 continue sur la lancée de son prédécesseur en répondant à son principal concurrent sur tous les terrains possibles, d'un arsenal à gérer au mieux lors des échauffourées (les rechargements d'armes doivent être enclenchés avec timing et stratégie) à des exécutions au corps-à-corps sanguinolentes (crever des yeux, trancher des gorges, les options sont multiples), en passant par des combats contre des boss gigantesques (et ce dès les tout premiers chapitres), des séquences d'infiltration (situées notamment sur une planète dont la végétation hostile démultiplie les possibilités d'attaque), des charges groupées ou des missions de soutien (au sniper, à la mitrailleuse fixe, etc.), des phases de Rail-Shooter (franchement jouissives au Playstation Move) et autres parenthèses véhiculées (tanks, méchas, delta-plane futuristes, on n'a que l'embarras du choix)... Extrêmement varié, le Game Design de Killzone 3 joue la carte du luxe et de la profusion, et préfère enchaîner les phases de jeu relativement courtes, condition sine qua none pour éviter l'overdose. Un choix théoriquement payant, pour peu que l'écriture suive.

 

Space Fascists

 

Etrange narration que celle de Killzone 3, qui ne cesse d'alterner flashbacks et flash forward sans autre justification que de plonger les joueurs dans l'action in medias res. Si le parti pris se montre finalement artificiel, l'univers dépeint n'est pas sans caresser dans le sens du poil le fan de Robert Heinlein et de Paul Verhoeven. Clairement identifiés à des nazis de l'espace, les Hellgasts se chamaillent ici en comités et se chipent violemment les rênes du pouvoir à la manière des têtes pensantes de la Fédération humaine de Starship Troopers, et le joueur a l'occasion en ouverture de rentrer dans la peau (ou presque...) d'un fantassin fasciste au gré d'un tutorial plutôt bien vu... voire franchement nécessaire si l'on veut prendre en main le nouveau gameplay au Playstation Move, hérité des FPS de la Wii (jouer au Dual Shock est, bien sûr, toujours possible). Sorte de Space Opera désespéré traversant des kilomètres de ruines fumantes encore martelées par des centaines de raids aériens (il se passe toujours quelque chose aux quatre coins de l'écran, preuve de la puissance de calcul impressionnante de la PS3), Killzone 3 contrebalance l'ironie de son script par un sens du spectacle ahurissant, l'ampleur de certains gunfights dépassant tout ce que l'on a pu voir jusqu'ici dans un jeu vidéo. Un nouveau champion poids lourd... en attendant Gears of War 3 ?

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

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Il suffit de comparer les quelques cinématiques précalculées et les phases de jeu pour se rendre compte du niveau de réalisme atteint par l'équipe de Guerrilla. Colossaux et superbement modélisés, les décors bénéficient de textures incroyablement fines et détaillées, magnifiées par une gestion de la lumière quasi-photoréaliste, relevant légèrement la barre par rapport à Killzone 2. Si les visages des personnages ne sont pas les plus impressionnants jamais vus, leurs expressions se révèlent très convaincantes et les zones d'ombre ne présentent aucune pixellisation, défaut bien connu des moteurs graphiques concurrents Rage (GTA IV) et Unreal Engine (Gears of War). Le plus fou dans tout cela reste la stabilité du framerate même lors des séquences d'action les plus amples (avec des vaisseaux pouvant atteindre plusieurs kilomètres de long), et l'absence de temps de chargement si l'on excepte une demi-seconde d'arrêt à certains points stratégiques. La musique orchestrale donne elle aussi dans le luxe, de même que le mode multijoueurs, pouvant accueillir sans grand lag (les serveurs sont, à l'heure où l'on écrit ce test, encore très performants) jusqu'à 32 joueurs. Nul doute que le PSN va désormais vibrer au rythme de Killzone 3, au même titre que le Live de Microsoft a pu se gargariser du mode multi de Gears of War 2. Rayon nouveauté survendue, attardons-nous enfin sur l'ergonomie au Playstation Move (télécommande de navigation nécessaire en plus du stick lumineux) : si le concept pouvait allécher au premier abord, son application ne dépasse pas vraiment ce qui a pu se faire sur Wii, avec des titres comme The Conduit ou Red Steel. On se retrouve ainsi souvent à tourner la tête involontairement en essayant de viser les adversaires, ou à regarder vers le ciel alors que l'on voulait juste réaliser une attaque au corps-à-corps, et ce peu importe la sensibilité choisie (les paramètres sont très nombreux, mais aucune combinaison ne s'est révélée pleinement satisfaisante). Se mettre à couvert (par pression d'une touche en visant un élément du décor) ou même recharger son arme (par inclinaison du Move) peuvent également poser quelques problèmes handicapants lors des échauffourées les plus nerveuses. Bref, si l'expérience peut amuser pendant quelques heures, on imagine fort les Hardcore Gamers revenir très rapidement au bon vieux Dual Shock, encore la meilleure option ergonomique en l'absence d'une souris et d'un clavier...

 
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