UNCHARTED 3 - L'ILLUSION DE DRAKE
Uncharted 3 - Drake's Deception - Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Playstation 3 »
Image de « Uncharted 3 - L'Illusion de Drake »
Genre : Aventure
Musique : Divers
Développeur : Naughty Dog
Durée : moyenne
Langue : Français / Anglais
Distributeur : Sony Computer
Date de sortie : 28 octobre 2011
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Uncharted 3 - L'Illusion de Drake »
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LE PITCH
La dernière aventure de Drake l'amène à explorer des secrets de sa propre famille depuis longtemps enfouis...
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Au-delà du réel

Il y a les chocs vidéoludiques qui vous tombent par surprise au coin du nez, et ceux que l'on attend avec une confiance polie, presque blasés à l'avance par leur grand spectacle annoncé. Tout prévisible soit-elle, la réussite triomphale d'Uncharted 3 reste tout de même sacrément perturbante.

 

Perturbante, car le cocktail d'Uncharted 3 défie les frontières critiques, l'oeuvre imposant son savoir-faire dans des domaines artistiques disparates. Puisant dans la littérature pulp, les serials télévisés et le cinéma, Uncharted 3 n'est pas un jeu vidéo classique. La mise en scène et la narration prévalent ainsi sur l'existence d'un "concept vidéoludique de base", rendant le soft très difficile à répertorier, à catégoriser de façon claire. Aventure, action, exploration, infiltration, baston, tir... Pluriel, le game design d'Uncharted 3 varie selon les états d'âmes de son héros, sa situation dans le récit ou l'environnement dans lequel il se trouve, chaque type de gameplay pouvant paradoxalement alimenter l'ensemble d'un jeu vidéo classique, tant leur maîtrise, leur justesse, leur équilibre et leur portée stratégique sont ébourriffantes. S'inspirant de la concurrence pour peaufiner encore un peu plus des mécaniques de jeu déjà convaincantes dans les deux opus précédents (les mano-a-mano renvoient ouvertement à Batman Arkham Asylum et les gunfights à Gears of War), l'équipe de Naughty Dog donne ici dans le travail d'horloger.

 

Tour de force chorégraphique

 

Cette précision d'exécution se retrouve également sur le plan artistique, la multiplication ultra-généreuse des environnements et des décors (une démarche très Bond ou Indiana Jones, la scène en flashback du jeune Nathan renvoyant évidemment à La Dernière Croisade) n'empêchant en rien la complexité et la puissance d'évocation de chaque environnement visité - les interactions entre les actions du héros et de ses compagnons / adversaires et les éléments du décor renforcent au contraire constamment la sensation d'immersion. Logique, dans cette optique, que les auteurs optent pour une mise en scène en constante réinvention, la caméra ne restant jamais plantée au même endroit comme le voudraient les codes du jeu à la troisième personne. Navigant d'un angle à un autre, embrassant subitement l'ensemble d'une arène ou s'éloignant à des kilomètres au-dessus de l'action pour mieux se rapprocher d'un protagoniste en plan américain ou en gros plan la seconde suivante, la réalisation étonne sans cesse, transformant des concepts déjà excitants en authentiques morceaux de bravoure chorégraphiques, à l'image de ce plan-séquence digne du Tintin de Steven Spielberg voyant Nathan Drake infiltrer une base aérienne secrète, se frayer un chemin à travers des gardes armés jusqu'aux dents, attraper une jeep au vol, sauter sur le train d'atterrissage d'un avion cargo en plein décollage, se battre contre un mastodonte sur la rampe ouverte de l'appareil... Un tour de force absolu, à l'image du jeu dans son entier.

Alexandre Poncet




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Le premier Uncharted avait, conjointement au Gears of War de Epic Games, fait définitivement entrer le jeu vidéo dans l'ère de la New Gen, grâce à une gestion inédite de la profondeur de champ, un niveau de détails novateur (les vêtements du héros humides après contact avec de l'eau) et des graphismes quasi-photoréalistes. Uncharted 2 avait encore fait évoluer la série grâce à une mise en scène incroyablement dynamique et des morceaux de bravoure dignes d'un blockbuster hollywoodien. Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, Uncharted 3 constitue actuellement le plus beau jeu disponible sur consoles, rien de moins. La modélisation des personnages mais aussi du moindre accessoire ou élément de décor est d'une finesse qui défie la raison, l'animation est d'un naturel incroyable, et les transitions entre les phases jouables et les cinématiques sont d'une fluidité sans précédent, donnant lieu à des scènes d'anthologie à vous écarquiller les globes occulaires (la séquence de l'avion cargo : BON SANG !). Si l'on aurait préféré des harmonies un peu plus recherchées du côté de la bande originale, hélas très marquée par l'école de Hans Zimmer, la partie sonore n'a rien à envier au spectacle visuel, le réalisme des bruitages (coups de poings secs, coups de feu résonnant différemment selon le lieu, atmosphères extrêmement soignées) renforçant constamment l'immersion du joueur. Pourvu d'un mode multijoueurs plutôt bien fichu, très peuplé et extrêmement stable, quoique restant moins engageant que le Horde 2.0 de Gears of War 3 (on ne peut pas tout avoir), Uncharted 3 est un sans faute du point de vue technique ; mieux, un aboutissement total pour la Playstation 3, en attendant les prouesses que nous réserve la prochaine génération de consoles.

 
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