HALO 4
Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « Halo 4 »
Genre : FPS
Musique : Neil Davidge
Développeur : 343 Industries
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Microsoft
Date de sortie : 6 novembre 2012
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Halo 4 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
L’emblématique Master Chief est de retour pour faire face à son destin et à un ennemi qui surgit des profondeurs du temps. Echoué sur un monde mystérieux, le Major devra affronter de nouveaux ennemis et une technologique dévastatrice.
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Spartan toujours près !

Après une longue période passée dans un cryo-tube le Major John, dernier survivant des forces spéciales Spartan, s'éveille. Quatre longues années se sont écoulées depuis les évènements survenus pendant la campagne d' Halo 3 durant lesquelles de grands bouleversements ont eu lieu, comme la sortie de deux épisodes (Halo : Odst et Halo Reach) aux qualités relatives et d'une superbe remasteurisation HD de Halo : Combat Envolved, mais aussi et surtout l'abandon de la licence Halo par Bungie qui passe le flambeau à 343 Industries. Et aujourd'hui, l'un des héros les plus iconiques de la console de Microsoft fait son grand retour pour affronter un mal ancien dans cet incroyable quatrième épisode d'une licence qui n'a rien perdu de sa superbe.

 

Moins meanstream qu'un Assassin's creed et surtout beaucoup plus subtil qu'un Call of Duty, la licence Halo est une, sinon la plus fédératrice des licences de la Xbox, avec peut être les dantesques Gears of War. Produit par Microsoft la série, comme Mass Effect et la licence d'Epic Games après elle, a su construire un univers et même plus, une mythologie, science-fictionnelle colossale qui séduit encore aujourd'hui de nombreux fans, ainsi que l'intérêt de producteurs en tous genres désireux de prolonger les aventures du Masterchief sur tous les supports disponible sur le marché, de la figurine à l'artbook, en passant par le cinéma le temps de l'investissement infructueux de Neill Blomkamp, le prodige de District 9, qui repart la queue entre les jambes avant d'être remplacé très récemment par la mini-série Forward unto down, sur l'escouade Spartan du vaisseau homonyme. Dès lors, la reprise par 343 Industries de la licence était attendue au tournant, surtout après l'accueil mitigé du très moyen Halo : Odst et de l'étrange Halo : Reach qui a emmené la série vers des contrées inattendues, peut-être trop dépaysantes pour les fans. Ainsi, même si Halo 4, avec le grand retour du Masterchief, revient aux fondamentaux, sa forme et son fond eux ont forcément évolués.

 

la fin des héros

 

Introduit par une cinématique des plus noire sur la trahison du docteur Halsey, l'instabilité des Spartan et la mort présumée du major, Halo 4, en tant que premier opus d'une nouvelle trilogie, se révèle être beaucoup plus adulte et pessimiste que les précédents. Après un Odst crépusculaire et un Reach se clôturant par la mort de ses héros, Halo 4 ne pouvait plus déployer le ton élégiaque et le rythme démesuré de la précédente trilogie. Articulant son histoire autour de la menace que représente l'homme pour la galaxie et sur l'inutilité progressive des Spartan, ce nouvel opus remet en cause le statut de légende du Major 1.1.7, comme le montre ses nombreux échecs tout au long de l'aventure, ou encore les multiples dialogues de personnages témoignant leurs déceptions quant à l'apparence du mythique Masterchief. Toutefois, cette démystification  n'est pas vaine et sert avant tout de base pour creuser le côté humain de ce héros pour le moins iconique (dans l'ère du temps que ce soit au cinéma avec Batman, James Bond et bientôt Superman, ou dans les jeux vidéo), et ainsi révéler ses ambiguïtés. Comme le montre la relation symbiotique qu'il entretient avec Cortana et sa quête pour la sauver de la frénésie (rappelant étrangement la quête de Rutger Hauer dans Blade runner à la recherche de son créateur pour qu'il accorde quelques années de vie supplémentaires à l'amour de sa vie), ou encore toutes les interrogations sur le statut du soldat que soulève l'histoire (humain ? machine ? monstre ?), 343 Industries tente ici de construire un personnage beaucoup plus humain, faillible et ce bien qu'on ne le perçoive pas derrière sa visière et sa grosse armure (voir le dernier plan du jeu incroyablement jouissif). Et tout le génie du studio est alors d'articuler cette démystification du héros, avec la découverte d'une nouvelle espèce, un ennemi originel, une espèce prométhéenne très avancée menaçant l'humanité et qui donneront du fil à retordre au Major.

 

no limit

 

Alors certes toute cette introspection fait d'Halo 4 un jeu beaucoup moins épique et aussi beaucoup plus court que les précédents épisodes. Toutefois en liant le sort de la galaxie avec le destin personnel du Spartan, ce premier opus de la nouvelle trilogie Halo parvient à nous faire entrevoir de façon magistrale la monumentale fresque intergalactique qui est sur le point de se construire. Mais tout cela ne serait rien sans l'extraordinaire travail technique accomplit sur le jeu. En effet, outre son ton pessimiste, il y a autre chose que la cinématique d'introduction révèle, c'est le somptueux design dont profite le jeu. Plus gros budget jamais investit par Microsoft dans un jeu à ce jour, Halo 4 est une œuvre de toute beauté qui témoigne du talent indéniable du studio (déjà en charge de la somptueuse remasterisation HD du premier Halo) pour exploiter à son maximum les performances d'une console qui depuis quelques temps, de par ses jeux, ne nous avait plus bluffé, comme la PS3 d'ailleurs, se contentant de déployer un catalogue de jeux compensant leurs faiblesses techniques par une mise en scène de plus en plus soignée. Ici sans aucun ralentissement les textures somptueuses s'enchainent, ne perdant quasiment rien de leur finesse lors du passage de la cinématique au in game, nous faisant ainsi jouir à chaque instant du travail colossal effectué sur les visages (permet aux séquences intimes avec Cortana de gagner en émotion et en crédibilité), mais aussi des somptueux décors tout en profondeur de champs, que ce soit lors des séquences en intérieur (les bases prométhéennes) ou en extérieur (le vaisseau du Didacte). Associant ainsi un gameplay fluide, indémodable et particulièrement instinctif, avec une mise en scène à la fois virtuose et viscérale qui nous donne l'impression de suivre une véritable aventure cinématographique, le tout sublimé par une technique absolument incroyable, le jeu nous propulse ainsi de la plus belle des façons dans la quête désespérée du Spartan.

 

red Vs Blue

 

Mais, Halo c'est bien plus qu'une simple campagne, même lorsque celle-ci est articulée autour d'une histoire aussi époustouflante et de graphismes aussi impressionnants que ceux qui nous sont livrés ici. Lorsque nous parlions plus haut d'univers et de mythologie, nous ne pouvions pas être plus dans le vrai qu'avec ce quatrième épisode qui brasse en effet très large. Outre la possibilité d'arpenter la campagne en solo ou en coopération dans plusieurs niveaux de difficulté, en y ajoutant des défis pour le scoring de fin de mission, Halo 4 propose pour la première fois un mode appelé « Spartan Ops ». Découpé en épisodes et en chapitres qui sortiront sous forme de DLC dans les mois à venir, ce mode constitue sur le long terme une histoire supplémentaire qui prolonge non seulement l'expérience de jeu, mais alimente également le background de la nouvelle trilogie en se concentrant sur l'équipe de l'« Infinity » et sur son exploration de la planète Forerunner, « Requiem ». Intéressant et possédant une forme assez novatrice, on pourra toutefois reprocher à ce mode de surfer un peu facilement sur la mode de plus en plus ennuyeuse et onéreuse des DLC. Mais le plus gros morceau reste tout de même le live. Surfant sur les acquis des précédents opus, du moins en termes de modes (Match à mort par équipe, Assassin, roi de la colline, etc.) et de gameplay (améliorations et outils tactiques apparus dans Reach), Halo 4 apporte tout de même en multi-joueurs son lot de nouveautés qui risque fort de déclencher les foudres de nombreux fans. Création de packtage, colis d'appui et armes dévastatrices font ainsi leurs apparitions, toutes droites sorties des hits multi-joueurs du moment (Call of Duty pour ne citer que lui), permettant aux joueurs d'appréhender d'une façon différente les modes multi-joueurs de la licence qui, par la même occasion, perd quelque peu de son identité. Toutefois, le mode Team Deathmatch sur les maps géantes en 8 contre 8 reste lui inchangé et permet d'apprécier toute la majesté d'un multi-joueurs bordélique mais jouissif !

Quentin Boutel
























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Pour la première fois depuis ses débuts, la licence Halo trouve un moteur graphique qui rende hommage au somptueux travail accompli sur le design. Moins coloré que les précédents opus, en relation sans doute avec le changement radical de ton de la série, le jeu profite d'un rendu sur les décors absolument renversant, que ce soit dans les paysages prométhéens, tout droit sortis de Tron, ou encore dans ceux de la gigantesque base Halo du « Recomposer », qui font que cette aventure nous donne davantage l'impression d'assister à un somptueux film de science-fiction plutôt qu'à un jeux vidéo.

 
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