GEARS OF WAR : JUDGMENT
Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « Gears of War : Judgment »
Genre : Action
Musique : Steve Jablonsky
Développeur : People Can't Fly
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Microsoft
Date de sortie : 22 mars 2013
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Gears of War : Judgment »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Jugés pour haute trahison, Baird et Cole, les héros de Gears of War, reviennent sur les évènements survenus après l’Emergence, et leur première rencontre avec Karn. Sous forme de flashbacks les voilà une quinzaine d’années plus jeunes au moment de l’invasion Locuste.
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Spin-off

Entre les sorties très attendues et très médiatisées de Tomb Raider et de Bioshock Infinite quelques jeux ont eu le malheur de sortir, se condamnant à être malmenés par la presse et/ou à passer totalement inaperçu. C'est le cas aujourd'hui de Gears of War Judgment. Pourtant, ce quatrième opus d'une des sagas les plus hallucinantes de la Xbox 360 n'est pas un mauvais jeu, bien au contraire et malgré ses choix artistiques discutables ainsi qu'une légère impression de déjà vu par moment, il a le mérite de tirer au mieux parti de sa licence.

 

Avec ses personnages charismatiques, son univers sombre et barbare et sa direction artistique si particulière, la trilogie Gears of War a, il faut bien l'admettre, structuré les sept années de l'âge d'or de la Xbox 360, apportant en matière de gameplay (le système de couverture, de sprint, etc.) et d'expérience de jeu, des concepts qui aujourd'hui se répercutent sur bon nombre de titres. Mais cet univers particulièrement riche ne peut se limiter à une seule trilogie épique. Longtemps il a d'ailleurs été question d'un film Gears of War, mais comme pour Bioshock, les producteurs et réalisateurs se succèdent attirés par le succès potentiel d'une telle adaptation, mais désespéré face au casse-tête artistique que cela représente. Depuis une BD vraiment intéressante en quatre tomes et des romans à la qualité toute relative sont sorties, permettant de mesurer l'ampleur et la richesse du background de la saga. Et finalement, si l'on doit qualifier ce Gears of War c'est justement comme le produit dérivé d'un univers qui nous entraîne un peu plus profondément dans l'histoire de la saga. Déjà malmené par une communauté de joueurs uniquement intéressé par les jeux multi-joueurs, Gears of War 3 jouait à fond la carte de la nostalgie, en proposant une conclusion épique et terriblement mélancolique à cette horrible histoire laissant nos héros désœuvré face à un monde aujourd'hui en paix mais totalement désolé. Ici au contraire, Judgment sous la direction de People Can Fly, déjà responsable pour Epic Games du très fun Bulletstorm, nous emmène vers les origines mystérieuses de « l'Emergence » et, tout en amenant des éléments totalement inédit de l'histoire, reprend l'architecture de la saga et les expérimentations arcade du troisième opus pour créer un refouloir hors norme doublé d'un jeu d'arcade particulièrement bien pensé.

 

Ca va bairder !

 

Et dès l'arrivée sur le menu titre un sentiment de plaisir nous envahit en retrouvant presque intacts les trois modes essentiels de la licence. Le solo jouable seul ou a deux en local et jusqu'à 4 en ligne, le multi-joueurs bien sûr et le mode « Horde » renommé pour l'occasion « Survie ». Abordons d'abord la question du solo. Si celui-ci se révèle fun et réserve de grands moments de défis pour le joueur seul, il ne prend réellement toute son ampleur qu'à plusieurs. Malgré sa réelle volonté de raconter une histoire, à travers une narration en flashback, moins bête qu'il n'y parait et qui nous donne l'occasion d'aborder la question des guerres pendulaire (à travers le personnage de Paduk), évènement dramatique de l'histoire de Sera toujours traité de très loin par la trilogie, cet épisode est en effet un gros opus arcade à savourer entre potes. Dans cet épisodes on parcourt en effet les magnifiques niveaux de l'aventure, bénéficiant une fois encore d'une technique splendide et d'une direction artistique aux petits ognons, sublimée par les gouts très colorés de People Can Fly (Bulletstorm en mettait déjà plein les mirettes), en explosant gaiement du monstre à tous va qu'ils soit connus où inédits (le sniper furie, etc.) à l'aide d'armes inédites (le lance grenade, etc.) et de capacités revues et corrigées (la possibilité de combiner un bouclier, humain ou non, avec une arme lourde). La grande nouveauté est alors l'ajout des missions « déclassifiées ». Ce sont des  défis » qui apparaissent à divers endroits de chaque niveau pour augmenter la difficulté et qui s'intègrent en plus avec brio à la narration, affectant ainsi la voix-off et les témoignages de l'escouade. Pas encore totalement réduit en cendre le monde se révèle lui beaucoup moins ouvert, obligeant donc nos héros à emprunter le chemin de bâtiments et de structures fermées où les locuste n'ont aucun mal à leur tendre diverses embuscades auxquelles il faudra bien sûr survivre à l'aide d'armes en tous genre et d'outils de destructions massives (les tourelles, barrières magnétiques, etc.). Et si, malgré tout cela le joueur en sort vivant, à la fin de chaque niveau il obtient une note, lui donnant accès à des bonus pour le multijoueur et permettant qui plus est de décupler la potentielle rejouabilité du soft. Déjà très linaire et bourrin depuis le premier opus, cet épisode par son orientation arcade ne trahit donc en rien l'esprit de la série (contrairement à Resident Evil par exemple) et le transcende pour en faire un pur moment de fun. Ainsi, là où les résonnances tragiques et le parti pris émotionnel du troisième opus collait assez mal à la coopération, ici, le jeu se révèle parfaitement adapté et elle apporte une vraie plus-value à l'expérience de jeu.

 

ennemis intimes

 

Plus répétitif que les épisodes précédents mais parfaitement adapté à l'aspect Scoring du soft, on regrette alors que le jeu soit si court et ce malgré la difficulté et les vagues parfois colossales de locustes surgissant à intervalle régulier pour nous en faire baver. Heureusement les développeurs de chez People Can Fly se révèlent aussi généreux dans leur esthétique que dans les modes proposés et offre aux joueurs les plus exigeant en guise de bonus, déblocable au cours de l'aventure principale, un chapitre bonus se déroulant en parallèle de Gears of War 3 et où l'on retrouve l'escouade « Kilo » au grand complet, plus de 20 ans après, pour un baroud d'honneur particulièrement désespéré. Au rayon des regrets, on trouve ici dommage que les développeurs ne placent pas ce chapitre dans la continuité de l'orientation arcade de la trame principale, livrant ainsi un chapitre très poétique, au ton et aux décors sublime, mais qui laisse un arrière-goût de lâcheté, comme s'ils n'assumaient pas pleinement leurs choix (à l'instar de Dead Space 3 et de son mode old school). Passons maintenant aux modes multijoueurs avec un argument de choix, le mode « Survie ». Sorte de « Horde » 2.0, ce mode renouvelle totalement l'expérience, p uisque non content de s'articuler autour de vagues de plus en plus coriaces de locustes auxquelles il faut survivre, ce mode oblige l'escouade à travailler en équipe afin de protéger divers objectifs des attaques locustes. En infériorité numérique sur une demi-douzaine de maps le joueur à le choix entre quatre classes, du technicien au médecin, bénéficiant chacune d'une spécificité et de deux armes exclusives. On retrouve par ailleurs ce mode, à quelques détails près, dans le mode « Bataille » qui n'est autre que le mode Multijoueurs traditionnel des autres opus. Appelé « Livraison » ce mode très intéressant propose à deux équipes de s'affronter pour conquérir ou protéger des objectifs incarnant tout à tour humains, toujours répartis en quatre classes, et locustes où là le joueur a le choix entre toutes les grandes races de bestioles à condition bien sûr, comme dans le mode « Bestial » de Gears of War 3, de faire du frag pour débloquer les meilleures races. Pour finir, on retrouve dans ce mode « Bataille » des parties plus traditionnelles comme le Deathmatch, par équipe ou chacun pour soi. Il faut alors souligner que bien que l'on remarque que dans ces parties la dimension hyper tactique des précédents épisodes ait quelque peu disparue au profit d'une orientation beaucoup plus bourrine, on apprécie qu'elles décident de poursuivre l'exploration de la trame principale au sujet des Guerres Pendulaires, en ne mettant pas en scène ici humains contre locustes, mais bel et bien humain contre humains, CGU contre URI, au grand damne de beaucoup de joueurs.

Quentin Boutel






















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Quelques soit les qualités du jeu, sur le plan technique ce nouvel épisode met tout le monde d'accord. En reprenant les magnifiques bases techniques des précédents opus, Gears of War Judgment nous offre des graphismes absolument splendides, sublimés par la Direction Artistique très colorée choisit par People Can Fly et qui leur permet de jurer avec la réputation de jeu ternes qu'avaient les épisodes précédents, mais aussi et surtout grâce à des textures dont le niveau de détails est extraordinaire, sans parler de l'impressionnante fluidité du jeu et ce que l'on joue seul, en écran splitté, ou même en ligne. On regrette alors qu'avec cette technique l'orientation du jeu ne lui permette pas de bénéficier de décors plus ouvert avec une grande profondeur de champ comme nous avait habitué la saga et qui aurait pu nous en mettre vraiment plein les yeux !

 
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